Hatem Kattou
26 Juillet 2017•Mise à jour: 27 Juillet 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
La République démocratique du Congo (RDC) a protesté mercredi après la publication d’un rapport des Nations-Unies ayant mis en cause l’armée congolaise dans le creusage des fosses communes dans les provinces du Kasaï (Centre).
"C’est une fuite en avant, un cas type de forfaiture signé Nations-Unies, nous protestons contre ce faux rapport n’ayant autre objectif que de déstabiliser la RDC" a
déclaré à Anadolu le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende le qualifiant de "rapport purement politique".
Mardi, le bureau conjoint des Nations-Unies aux droits de l’homme (BCNDUH) a accusé dans un rapport, les "éléments" de l’armée congolaise d’avoir creusé la
plupart des 42 fosses communes découvertes dans les provinces du Kasaï en juin dernier.
La structure Onusienne a révélé qu’au moins " 428 personnes, dont 17 femmes et 140 enfants, ont été tuées par des militaires congolais, et au moins 37 personnes,
dont trois femmes, par des miliciens de Kamwina Nsapu" lors des violences qui déchirent cette région depuis près d’une année.
"Nous sommes étonnés. Où ont-ils eu ces chiffres, quand et comment ?" s’est exclamé Mende, joint par téléphone.
"Les experts onusiens n’ont jamais été vu sur terrain ni pour recueillir les allégations ni enquêter", a-t-il ajouté.
Alors que les Nations Unies établissent l’existence de 80 fosses communes dans les provinces du Kasaï-central, Lomami et Kasaï, le gouvernement congolais n’en
reconnait que dix dans lesquelles étaient logées sept corps sans vie.
Le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a nommé mercredi trois experts internationaux devant enquêter avec la
Justice congolaise sur ces violences dans le Kasaï.
La région du Kasaï est secouée par les violences impliquant les forces de sécurité et les miliciens de Kamwina Nsapu, un chef traditionnel tué en août dernier lors d'une opération de police après s'être révolté contre Kinshasa.
Ces violences ont causé le déplacement de 1,4 million de personnes d'après l'ONU, et la mort de plus de 3300 personnes dont deux experts onusiens qui
enquêtaient sur ces violences, selon un décompte rendu public en juin dernier par l’Eglise catholique, plus grande structure sociale en RDC.