Nadia Chahed
27 Septembre 2018•Mise à jour: 27 Septembre 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Une vingtaine de militants du mouvement citoyen congolais "Lucha" (lutte pour le changement) ont été interpellés jeudi lors d'une manifestation à Kinshasa, contre l'insécurité prévalant à Beni, un territoire de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) a constaté le correspondant d'Anadolu.
" Les massacres doivent cesser" , "nous exigeons la démission immédiate du ministre de la Défense", sont parmi les slogans scandés par les manifestants qui n'ont pas tardé à être dispersés par les forces de l'ordre, selon un témoin oculaire, interrogé par Anadolu.
Pas moins d'une vingtaine de manifestants ont en outre été embraqués dans une voiture de police, selon la même source.
Contacté par Anadolu, le chef de la police de Kinshasa , le général Sylvano Kasongo a confirmé que 26 militants au total ont été interpellés et qu'il étaient en train d'être interrogés. "Nous allons évaluer leur cas et nous allons décider soit de leur libération ou de leur transfert au parquet ", a-t-il ajouté.
S'agissant des motifs de leur arrestation, il a indiqué qu'ils manifestaient devant un site administratif sans l'autorisation de l'autorité urbaine.
Plusieurs manifestations ont été organisées cette semaine à Beni pour dénoncer les récents affrontements entre militaires et rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) et dont le bilan s'est élevé à 24 morts dont 20 civils.
Pour protester contre ces tueries, la société civile a décrété depuis lundi une grève générale qui prendra fin vendredi.
Rebelles ougandais opposés au régime de Kampala et retranchés dans l'est de la RDC depuis 1995 pour combattre le président ougandais Yoweri Museveni , les ADF sont tenus responsables du massacre d'un millier de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014. Ils seraient également les auteurs d'un assaut contre une base onusienne en décembre dernier lors duquel 15 casques bleus tanzaniens ont été tués.