Nadia Chahed
19 Février 2021•Mise à jour: 20 Février 2021
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
La police congolaise a interpellé mercredi et jeudi quatre personnes impliquées dans le trafic de cornes de rhinocéros blanc après qu’une corne provenant de République Démocratique du Congo (RDC) a été saisie à Singapour par l'Interpol.
La police nationale congolaise (PNC) alertée par Interpol a interpellé trois fonctionnaires signataires de documents officiels du ministère de la Culture et des Arts autorisant « l'exportation des œuvres d'art d'artisanat et ethnographiques », a appris Anadolu d'une source sécuritaire.
La police a également mis la main, jeudi, sur un collaborateur d’un artiste en fuite et considéré comme expéditeur du colis saisi à l’aéroport de Singapour, a ajouté la même source qui a préféré garder l'anonymat.
Le destinataire final se trouvait au Vietnam où la demande est forte.
Les rhinocéros sont inscrits depuis 1977 sur l'annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites).
Mais en Asie, particulièrement en Chine et au Vietnam, leur commerce est prisé. En effet, les cornes, réduites en poudre, sont utilisées dans la médecine traditionnelle asiatique qui leur attribue des prétendues vertus curatives pour toute une palette de maux allant du mal de tête à la fièvre etc...
Le braconnage des rhinocéros exige d'importants moyens. « Les trafiquants ont recours à des méthodes de plus en plus sophistiquées pour échapper aux autorités, y compris l’usage d’hélicoptères et d’un matériel de vision nocturne, pour traquer les rhinocéros, et l’administration de produits vétérinaires pour les assommer », déplore le Fonds mondial pour la nature sur son site.
L’Afrique est le foyer de ces mammifères. L’Afrique du Sud abrite à elle-seule près de 80% de la population mondiale de rhinocéros. Le nombre de rhinocéros tués dans ce pays en 2020 a chuté de 33%, à cause d’une forte baisse du braconnage due en partie aux restrictions de mouvement pour endiguer la pandémie COVID-19.
Ses 394 rhinocéros ont été abattus en 2020, pour 594 en 2019, selon le ministère sud-africain de l'Environnement.