Lassaad Ben Ahmed
28 Décembre 2020•Mise à jour: 29 Décembre 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Un responsable de l'agence congolaise des renseignements, enlevé depuis mardi dernier par des miliciens dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a été retrouvé mort dimanche, selon les autorités locales.
Pris en otage depuis la soirée du mardi 22 décembre par un groupe de miliciens Maï-Maï dans le village de Baswagha-Lubena, à 12 kilomètres de la localité Cantine - centre, au sud-ouest du territoire de Beni dans la province du Nord-Kivu, le chef du sous-poste de l'Agence nationale des renseignements (ANR) dans l'agglomération de Nganda-Sinakiti « a été tué par ses ravisseurs et son corps a été retrouvé dimanche en état de putréfaction », a déclaré, lundi, à l'agence Anadolu, Aboubacar Mutambuko, chef de la localité de Cantine.
La victime avait été enlevée à son domicile par des miliciens mardi soir. « Ils (...) se sont adressés à la population locale, en la mettant en garde contre toute coopération avec l’armée régulière », selon le même chef local.
Ces informations ont été confirmées par l’administrateur du territoire de Beni, Donat Kibwana. Son collègue du territoire de Lubero où sévissent plusieurs groupes armés locaux, a déclaré avoir appris que le corps de la victime a été retrouvé par la population locale à la lisière entre les deux territoires.
Des bandes armées opèrent dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), pays qui avait plongé dans une guerre dès son accession à l’indépendance en 1960, après 52 ans sous colonisation belge.
Les Maï-Maï furent alors les premiers groupes armés nés après l’indépendance, sous forme des milices d’autodéfense ethnique avant de s’empêtrer dans des revendications sécessionnistes, rebelles ou économiques.
Plus de 100 groupes armés congolais et étrangers opèrent dans l’Est congolais, selon plusieurs rapports, notamment de l’ONG américaine de défense des droits de l’homme Human Rights Watch et les Nations Unies qui disposent d’une mission de maintien de la paix dans le pays depuis 20 ans.
Les groupes armés survivent notamment des activités criminelles, de l’exploitation des minerais, des kidnapping contre rançon, du braconnage et de l’exploitation du bois.