Lassaad Ben Ahmed
22 Novembre 2017•Mise à jour: 22 Novembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les enquêteurs de l’ONU ont affirmé, mercredi, avoir recensé quelque 704 violations des droits de l’homme au cours du mois d’octobre en République démocratique du Congo (RDC), dont l’élection au conseil des droits de l’homme le même mois a charrié son lot de polémiques et provoqué la colère des pays occidentaux.
"Durant le mois d’octobre 2017, le BCNUDH a documenté 704 violations des droits de l’homme sur l’ensemble du territoire de la RDC, soit une nouvelle augmentation par rapport au mois précédent, au cours duquel une forte hausse avait déjà été enregistrée (644 violations, contre 441 au mois d’août)", souligne un rapport mensuel du bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme (BCNUDH), consulté par Anadolu.
Les agents de l’Etat (Armée – police – service de renseignement) sont accusés dans ce rapport d’avoir commis 63% de ces violations, dont les exécutions extrajudiciaires de 56 victimes , alors que les groupes armés "tous confondus" sont responsables de 262 violations (37%) dont l’exécution sommaire de 117 victimes.
La plupart de ces violations, soit près de 70%, ont été commises dans les provinces affectées par le conflit (491 violations), entrainant la mort d’au moins 135 civils, dont 25 femmes, lit-on dans le rapport.
"Le BCNUDH note que pour la première fois depuis le début de l’année, dans les zones de conflit, les agents de l’Etat ont commis plus de violations que les groupes armés" souligne le rapport qui charge en première position l’armée.
Quelque 136 violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales liées à des restrictions de l’espace démocratique, ont été documentées en octobre sur le territoire congolais par l’ONU.
Ce nombre est le "plus élevé" depuis le début de l’année et "démontre une persistance toujours plus importante" des restrictions de l’espace démocratique depuis le 1er janvier 2015, commente l’ONU également, "très préoccupée" par les viols de 80 victimes dont 60 victimes adultes et 20 enfants dans les zones de conflits.
Auprès d’Anadolu, le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende a refusé de réagir à la publication de ce rapport, selon lui, "surchargé de fictions" ayant pour "seul but" de "jeter du discrédit" sur l’Etat et ses dirigeants.