Mohamed Hedi Abidellaoui
12 Juin 2017•Mise à jour: 13 Juin 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Une psychose a été observée lundi dans l’Est de la République démocratique du Congo, au lendemain de l’évasion massive de plus de 900 prisonniers de la prison de Kangbayi à Beni (Est), selon des sources concordantes.
« La plupart des commerces n’ont pas ouvert jusqu’à midi. La menace plane sur la société civile, les magistrats et les défenseurs judiciaires ont la peur au ventre », a déclaré à Anadolu Gilbert Kambale, président de la Société civile de Beni dans la province meurtrie du Nord-Kivu.
Jusqu’à six heures locales, des policiers et des militaires lourdement armés opéraient encore un couvre-feu « systématique » décrété depuis dimanche à partir de 18h30 par les autorités, selon un habitant de Beni, joint au téléphone. La même source a fait état d’une présence massive des policiers et militaires dans les grandes artères de la ville.
Interrogé par Anadolu, Nyonyi Bwanakawa, maire de Beni, a jugé la situation sécuritaire « préoccupante » dans la région après l’évasion massive, intervenue, selon lui, après l’attaque de la prison de Kangbayi par des rebelles ougandais des forces démocratiques alliées (ADF).
Pendant leur assaut à « l’arme lourde », les ADF ont aidé à s’évader « tous les détenus rebelles, quelques condamnés et d’autres prévenus qui comparaissaient dans le cadre du procès sur les massacres de Beni », a précisé le maire.
Dimanche, Julien Paluku, le gouverneur du Nord-Kivu dont Beni est l’une des principales villes déclarait à Anadolu que seuls 36 prisonniers sont restés en prison sur un effectif total de 966 prisonniers.
Retranchés depuis plus de deux décennies dans l'est de la RDC, les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) auraient massacré, depuis octobre 2014, plus d’un millier de civils congolais dans le territoire de Béni, frontalier avec l'Ouganda, d'après des sources humanitaires.
En Novembre dernier, la rébellion ougandaise avait revendiqué, auprès du gouvernement congolais, le contrôle d’une partie du territoire de Béni qui devrait leur permettre, à terme, « la conquête du pouvoir en Ouganda ».
Les attaques de ces rebelles contre des civils congolais n’ont plus eu lieu depuis quelques mois dans la région de Beni où se déroule également depuis août dernier un procès sur plusieurs massacres qu’auraient perpétrés ces rebelles ougandais hostiles à Kampala.