Esma Ben Said
24 Novembre 2017•Mise à jour: 24 Novembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
La Justice militaire de la République démocratique du Congo (RDC) a ouvert vendredi un procès contre 36 personnes accusées d’avoir dirigé des attaques meurtrières en mai et juin derniers contre le marché central de Kinshasa et plusieurs édifices sécuritaires, a rapporté le correspondant de Anadolu.
A l’ouverture du procès, le tribunal militaire de garnison Kinshasa a procédé à l’identification, un par un, de 36 prévenus vêtus d'une tunique bleue à col jaune.
Ces derniers sont accusés d’appartenir à la "branche de Kinshasa" du mouvement insurrectionnel Kamwina Nsapu, originaire de la région du Kasaï dans le centre du pays.
Dans cette région, les violences impliquant soldats, policiers et miliciens ont été déclenchées en Aout 2016 après la mort de Kamwina Nsapu, un chef tribal
influent opposé au pouvoir de Kinshasa et tué lors d’un assaut brutal de la police.
Ces violences sanglantes ont fait plus de 5 000 morts selon l’ONU qui également dénombré 1.4 million de déplacés dans cette région jadis havre de paix.
Dans le rang des prévenus, six personnes ont présentées comme membres du parti historique de l’Opposition (UDPS). Le parquet a cité plusieurs chefs d’inculpation parmi lesquels le "terrorisme", participation à un mouvement insurrectionnel, association de malfaiteurs, meurtre et "refus de dénonciation".
Dans la foulée Carbone Beni responsable du mouvement citoyen Filimbi a auprès d’Anadolu dénoncé un procès "politique" visant à "discréditer l’opposition" dont six membres sont accusés "injustement".
Le collectif d’avocats de la défense a sollicité du tribunal une "remise" de trois semaines du procès pour "préparer la défense avec les clients".
La première audience de ce procès qui devait s’échelonner sur plusieurs semaines a été retransmise en direct sur la télévision Publique (RTNC …Ndlr) depuis la Haute cour militaire.
Entre mai et juin derniers, la capitale Kinshasa mégapole africaine de plus de 10 millions d’habitants a été secouée par des attaques meurtrières qui ont fait plusieurs dizaines de morts et occasionné de milliers d’évadés dans des maisons carcérales.
L’attaque d’envergure est celle du 17 Mai contre la prison de Makala. Plus de 4 700 prisonniers s’étaient évadés, selon les autorités.