Nadia Chahed
11 Février 2021•Mise à jour: 11 Février 2021
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Une centaine d’organisations locales et internationales ont mis la pression sur le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, pour la réouverture du procès sur le meurtre, en 2010, du célèbre défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana.
« Le président Tshisekedi devrait passer des paroles aux actes et accomplir sa promesse d’enquêter sur le meurtre de Chebeya », a déclaré dans un communiqué, Thomas Fessy, chercheur principal pour la RDC à l’Organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW).
« Les dernières révélations démontrent la nécessité d’une nouvelle enquête et représentent la meilleure chance de voir la justice enfin rendue. », a-t-il ajouté.
Cette requête fait suite aux témoignages de deux policiers sur la radio publique française de service extérieur, RFI.
Le 8 février 2021, dans des entretiens avec la radio française, deux policiers congolais en exil ont admis avoir participé aux meurtres de Chebeya et Bazana dans l’enceinte de l’inspection générale de la police, le 1er juin 2010, et en ont fourni un récit détaillé.
Ils ont chargé l’ancien patron de la police congolaise général John Numbi, proche de l’ex - President Joseph Kabila.
Numbi avait été propulsé à la tête de l’inspection générale des forcés armées, en 2017 après avoir été sanctionné par les États - Unis et l’Union européenne (UE) pour des violations des droits de l’homme.
Plutôt mercredi, 117 ONGs de défense des droits humains ont demandé, dans un autre communiqué, l’arrestation « immédiate et sans condition » des généraux John Numbi et Zelwa Katanga alias Djadjidja pour leur implication dans l’assassinat de deux défenseurs des droits humains à savoir Floribert Chebeya Bahizire (directeur exécutif de la Voix des Sans Voix) et Fidèle Bazana Edadi (chauffeur et chargé de dispatching à la VSV).
Les 117 organisations regrettent que cela fera bientôt 11 ans qu’ils sont dans l’attente de la vraie justice.
À l’issue d’un procès devant un tribunal militaire de Kinshasa – un premier verdict a été rendu en juin 2011 et un jugement en appel en septembre 2015 – quatre officiers de police ont été déclarés coupables des meurtres de Chebeya et Bazana.
En exil, Ngoy, Paul Mwilambwe et Jacques Mugabo ont été jugés par contumace et condamnés à mort. Mukalay, le plus haut gradé des officiers jugés, a été condamné à 15 ans de prison et il purge actuellement sa peine à la prison centrale de Kinshasa.
Le tribunal militaire a également reconnu la responsabilité civile du gouvernement congolais et lui a ordonné de verser des dommages aux familles des deux victimes.
Au début du procès en novembre 2010, Numbi, alors inspecteur général de la police, a été présenté au tribunal comme simple témoin bien qu’il soit déjà soupçonné d’être à l’origine de ces deux meurtres.