Nadia Chahed
18 Mars 2021•Mise à jour: 18 Mars 2021
AA – Kinshasa – Pascal Mulegwa
En République démocratique du Congo (RDC), l’Eglise catholique a accentué, jeudi, la pression sur le pouvoir en place par la publication d’une « feuille de route » devant conduire aux élections prévues en 2023 alors que des voix s’élèvent au sein du parti du président Felix Tshisekedi pour conditionner la tenue des prochains scrutins par le recensement général de la population, ce qui devrait retarder l’échéancier.
La feuille de route dévoilée en présence des diplomates et autres acteurs de la société civile congolaise inclut une série d’activités en périodes préélectorale, électorale et postélectorale, a déclaré l’abbé Domatie N’shole, secrétaire général de l’influente conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), actrice clé dans la résolution des crises au Congo depuis des décennies.
Consultée par l’agence Anadolu, la feuille de route propose 14 activités allant d’un atelier sur les propositions de réformes jusqu’à l’observation de l'opération électorale le jour du scrutin.
« En ce qui concerne les évêques, fidèles à leur mission solidaire des aspirations du peuple, ils réaffirment avec force, à travers cette petite manifestation, leur engagement à préparer le peuple congolais et d'accompagner ses dirigeants pendant cette période qui précède la tenue des élections de 2023. Voilà pourquoi nous lançons ce jour la feuille de route électorale de la CENCO intitulée Agenda 2023 », a-t-il déclaré lors de la cérémonie au siège de l’épiscopat.
Le président de l’assemblée nationale a rassuré, lundi dernier à l’occasion de la rentrée parlementaire, que les questions électorales seront priorisées au cours de la session en cours. « Nous espérons bien que les députés ainsi que les sénateurs auront hâte d'en finir le plus tôt que possible pour que l'équipe de la CENI qui sera mise en place ait suffisamment du temps pour la planification des opérations », a déclaré le secrétaire général de la CENCO.
Des organisations de la société civile ont alerté ces dernières semaines sur "le retard" déjà enregistré dans les préparatifs des prochaines élections.
L’Assemblée nationale entend formaliser une série de réformes notamment la loi électorale et la composition et le fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
L’Eglise catholique a joué la médiation dans plusieurs crises entre le pouvoir et l’opposition depuis trois décennies.
L’Eglise a, d'ailleurs, été aux premiers rangs des manifestations organisées fin 2017 pour exiger des élections [qui avaient finalement eu lieu le 30 décembre 2018] et le départ de Joseph Kabila dont la coalition réclamait un troisième mandat.
L’Eglise a également été première à contester les résultats de ces élections donnant Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle et le camp Kabila détenteur de la majorité à l’assemblée nationale et au sénat.