Esma Ben Said
15 Mars 2018•Mise à jour: 15 Mars 2018
AA / Kasaï / Pascal Mulegwa
La nouvelle cheffe de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en république démocratique du Congo (Monusco) Leila Zerrougoui s’est rendue jeudi au Kasaï dans le centre du pays où des violences entre l’été 2016 et 2017 avaient fait pas moins de 5 000 morts d’après l’ONU.
Magistrate algérienne nommée en janvier dernier par le secrétaire général de l’ONU, elle est arrivée dans ville de Tshikapa, capitale de la province du Kasaï où elle a été accueillie par les autorités provinciales, a appris Anadolu de source onusienne.
Elle doit se rendre dans la ville de Mbujimayi au Kasaï- oriental et Kananga dans le Kasaï-central par où étaient parties des violences de grande ampleur impliquant soldats, policiers et miliciens après la mort d’un chef tribal influent tuée par la police en 2016.
C'est la première fois que la responsable onusienne se rend dans cette région depuis sa nomination.
Une visite qui intervient dans un contexte tendu puisque le principal mouvement citoyen congolais, la lutte pour le changement (Lucha) a annoncé jeudi matin qu’il allait tenir un sit-in devant les installations de la Monusco dans la ville de Kananga pour dénoncer « l’impuissance et l’inefficacité de cette mission onusienne ».
Déployée au Congo-Kinshasa depuis 1999 pour travailler en concert avec l’armée gouvernementale dans l’objectif de « neutraliser » les groupes armés dans l’Est du pays, la Monusco forte de plus de 16 000 hommes en uniformes est la plus
importante et budgétivore mission de maintien de paix dans le Monde.
Auprès du conseil de sécurité, Kinshasa plaide actuellement pour le « redimensionnement qualitatif » de cette mission.
Elle devrait donc opérer avec « moins de troupes mais plus spécialisées dans la traque des groupes armés, et capables de faire face aux menaces asymétriques », a suggéré la semaine dernière devant le conseil de sécurité le chef de la diplomatie congolaise Leonard She Okitundu.
Pour le nouveau mandat de la mission qui devra être renouvelée fin Mars, « ses troupes doivent travailler en étroite collaboration avec les FARDC (armée), jouir d’une plus grande agilité et mobilité et être dotées d’un équipement adapté pour plus d’efficacité", selon She Okitundu.