Lassaad Ben Ahmed
11 Mai 2020•Mise à jour: 18 Mai 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La Justice congolaise a ouvert, lundi, un procès contre Vital Kamerhe, directeur de cabinet du Président congolais Felix Tshisekedi, un vieil opérateur économique libanais et un cadre de la présidence congolaise, pour détournements des fonds alloués à l’achat de maisons préfabriquées dans le cadre du programme d’urgence du président Tshisekedi.
Vêtu d’une tunique bleue à col jaune, Vital Kamerhe, s’est présenté devant les juges du tribunal de grande instance de Kinshasa – Gombe avec le principal accusé, le libanais Jammal Samih, patron de la
société Samibo Congo Sarl et Muhima Ndoole, chef du service Import-export de la présidence congolaise.
L’audience s’est tenue en chambre foraine à la prison de Makala, le plus grand milieu carcéral regorgeant de plus de 9 000 détenus, dont depuis environ un mois Kamerhe et son partenaire libanais depuis deux mois.
L'homme d'affaires libanais (83 ans) signataire d’un contrat de livraison de 1500 maisons préfabriquées destinées notamment aux policiers et militaires, d’une valeur de 57,5 millions de dollars est poursuivi pour détournement de 48,5 millions de dollars avec la complicité de Kamerhe, selon le ministère public.
Kamerhe, 61 ans, est également poursuivi pour blanchiment et corruption pour avoir accepté une concession offerte à sa belle-fille par l’opérateur libanais avant même la conception du programme des 100 jours.
Ndoole Muhima est, quant à lui, accusé d’avoir détourné 1,3 million de dollars destinés au dédouanement des maisons préfabriquées en complicité avec Kamerhe qui était également coordonnateur dudit programme des 100 jours.
L’audience s’est déroulée sans les partisans de Kamerhe et, sur demande des avocats des prévenus, le tribunal a décidé de renvoyer la prochaine audience au 25 mai courant pour permettre aux avocats des trois prévenus de se saisir de tous les éléments du dossier.
Dans la matinée, des dizaines des membres de l’Union pour la nation congolaise (UNC), le parti de Kamerhe ont été dispersés par la police, dans les encablures de la prison, des fois même à une centaine de mètres de ce lieu carcéral, a constaté le correspondant de l’Agence Anadolu.
Le long des avenues et grandes artères, des kinois étaient massés par dizaines, devant des postes de télévision ou de radios pour suivre la retransmission en direct, de la première audience de ce procès, a-t-on constaté.
Ce procès est le tout premier impliquant un haut responsable du pays depuis l’indépendance du Congo – Kinshasa en 1960.
Directeur de cabinet de son allié Felix Tshisekedi, Kamerhe a le rang de vice – premier ministre et devait, selon leur accord de coalition conclu en novembre 2018 à Nairobi, être le dauphin de Tshisekedi à la présidentielle de 2023. Ses partisans crient à un procès politique pour écarter Kamerhe de ce scrutin.