Nadia Chahed
21 Septembre 2017•Mise à jour: 22 Septembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Neuf militants du mouvement Lutte pour le changement (Lucha), le principal mouvement citoyen congolais, ont été arrêtés Jeudi matin lors d’une manifestation contre les "défaillances policières" à Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a appris Anadolu auprès du mouvement.
'Neuf de nos militants dont deux jeunes filles ont été arrêtés au niveau du commissariat provincial puis embraqués dans un camion de la police'' a déclaré à Anadolu, Emmanuel Dimenye, chargé de la communication au sein du mouvement citoyen.
Interrogé par Anadolu, un officier supérieur de la police de Goma a confirmé l’arrestation de ces militants pour "trouble à l'ordre public".
S'exprimant sous couvert d'anonymat, il a précisé qu’ils ont été amenés dans un cachot de la police de renseignement pour une audition ''minutieuse''.
Selon le mouvement, ces jeunes voulaient déposer un mémorandum auprès du chef de la police dans la province du Nord-Kivu, la province la plus ensanglantée de l’Est de la RDC, région déchirée par plus de 20 ans de conflits armés.
Dans ce mémorandum dont une copie a été consultée par Anadolu, le mouvement dénonce les intimidations de la population par la police, la non assistance de celle-ci à la population ''en danger’’, les cas de ''vols nocturnes'' commis par les éléments de la police dans certains quartiers de cette vile, capitale touristique de la RDC.
Ces arrestations surviennent au lendemain de l’interpellation, mercredi, à Kinshasa de 26 personnes qui manifestaient devant le ministère des Affaires étrangères à Kinshasa, contre la décision du gouvernement d'invalider d’ici le 16 octobre prochain, les passeports semi-biométriques en circulation.
Le rappeur congolais engagé Lexxus-Legal ainsi que quelques journalistes faisaient partie de ces manifestants interpellés, dont 25 ont été relâchés en début de soirée mercredi.
La dégradation de la situation politique et sociale durant les cinq dernières années en RDC a inspiré la création d’une dizaine de mouvements citoyens hostiles au régime de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et demeuré à son poste au delà de son dernier mandat arrivé à terme le 19 décembre 2016.