Mona Saanouni
21 Octobre 2019•Mise à jour: 21 Octobre 2019
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
A l'appel d'un mouvement catholique soutenu par l'Opposition, des centaines de personnes ont manifesté, lundi, dans les rues de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), pestant la corruption et l'impuissance de la justice, neuf mois après l'intronisation du président Félix Tshisekedi et le départ de Joseph Kabila.
La marche a été initiée par le comité laïc de coordination (CLC) auteur, entre 2017 et 2018, des marches anti-Kabila dans les paroisses. Les protestataires se sont réunis dans 11 "points de rassemblement" à travers la capitale.
Dans la commune de Kalamu, c'est le coordinateur du CLC , Isidore Ndaywel, qui a pris la tête de la marche accompagné de quelques députés de l'Opposition. Dans ce coin de l'est de la capitale, des militants munis des banderoles arborait des t-shirts sur lesquels ont pouvait lire : "Nous nous opposons au vol, que les 15 millions de dollars retournent dans la caisse" de l'État".
"Non à l'impuissance de la justice", "Où sont nos 15 millions de dollars ?", affichaient les banderoles, rebondissant sur le premier dossier brûlant de corruption présumée depuis l'investiture, le 24 janvier 2019 de Tshisekedi.
"Cette croisade ne s’arrêtera pas tant que la RDC demeurera le paradis de la corruption, de l’impunité et de l’injustice", a déclaré à Anadolu ,Isidore Ndaywel, coordinateur du CLC.
Dans leur mémo lu devant la presse, ils ont exigé la démission de neuf juges de la Cour constitutionnelle "qui ont banalisé les résultats électoraux". Les laïcs ont en outre exigé, la dissolution du comité de suivi des prix des produits pétroliers "devenu un mécanisme néfaste de détournement de l’argent de l’Etat".
Cette manifestation n'a pas réuni de monde que celles de 2017 et 2018, lorsque le CLC appelait à des manifestations contre Kabila dans des paroisses catholiques. La mobilisation a pourtant été appuyée par l'Opposition et les mouvements citoyens. L'Opposante et Secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo (MLC), la députée, Eve Bazaiba, était à la tête des marcheurs dans la commune de Limete, a constaté Anadolu.
« Nous avons voulu faire une mobilisation très décentralisée, en passant à travers les rues, même si les gens nous regardent comme des espèces en voie de disparition. Nous ne sommes pas en voie de disparition, au contraire ! Dans les prochaines marches, il y aura de plus en plus de gens", a répliqué l'historien Ndaywel.