Mohamed Hedi Abidellaoui
18 Février 2017•Mise à jour: 20 Février 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Le gouvernement congolais a qualifié de « dénaturée » une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, mettant en cause l'armée congolaise dans une exécution de civils dans le centre du pays.
« Où avez-vous vu une armée filmer ses propres crimes ? C’est assez ridicule de croire que cette vidéo est réelle, c’est comme un film de Rambo je crois, c’est un montage prématuré et dénaturé », a déclaré, samedi, à Anadolu, le ministre Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, soulignant que tout aurait été joué au niveau du « montage ».
« Cette vidéo est l'œuvre de certaines brebis galeuses que nous allons dénoncer, elle a été mise en ligne pour la première fois depuis Paris en France, nous allons vite remonter la filière », a poursuivi Mende, pointant la diaspora congolaise.
Près de 7 minutes durant, la vidéo semble avoir été tournée à l’aide d’un téléphone portable. On peut y voir et entendre des hommes en uniformes de l’armée congolaise tirer sur des civils armés de bâtons et de lance-pierre, et achever certains blessés, dont une femme.
Les victimes se chiffrant à au moins 20 personnes ont les têtes couronnées de bandeaux rouges ou violets, tout comme les miliciens du chef rebelle récemment assassiné par l’armée Kamwina Nsapu.
« Tirez ! », ordonne une voix hors du champ de l’action, alors qu’une autre s’élance plus précise en citant même des noms des membres de l’équipe : « celui-ci n’est pas mort, achevez-le ».
La vidéo mise en ligne ne cesse de défrayer la chronique sur les réseaux sociaux et les internautes congolais ne décolèrent pas. Les notables des provinces du Kasaï où ces scènes se seraient produites entre les 11 et 13 février derniers, ne dissimulent point leur mécontentement.
Dans un communiqué paru le weekend dernier, la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco) a reproché aux forces armées de la RDC (FARDC) d’user de la force de manière « disproportionnée » face aux miliciens de Kamwina Nsapu, un chef traditionnel tué en août 2016, au cours d’une opération de police dans la province du Kasaï Central.
Il y a moins d’une semaine, au moins 101 miliciens avaient été tués par l’armée, au cours d’une série d’affrontements dans la ville de Tshimbulu au Kasaï Central, selon l’ONU qui cite plusieurs rapports de diverses organisations humanitaires.
Un responsable onusien basé à Kinshasa a indiqué qu’une équipe chargée d’investigations a été dépêchée par la Mission pour vérifier ces allégations « amplifiées par cette vidéo passible de mettre l’armée congolaise dans une situation diplomatiquement « délicate ».