Lassaad Ben Ahmed
03 Février 2019•Mise à jour: 04 Février 2019
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
L'opposant congolais Martin Fayulu, grand perdant de la présidentielle du 30 décembre, a appelé ses partisans à une "résistance pacifique" contre le régime en place et le "putsch électoral".
C’était à l’occasion d’un meeting tenu samedi à Kinshasa, marquant sa première sortie publique depuis l'investiture de Félix Tshisekedi en tant que président de la République.
"Je vous appelle à la résistance pacifique. Organisez-vous dans des quartiers, districts, provinces pour résister. On ne peut pas bâtir une nation sur la base de mensonges. Nous devons exiger la vérité des urnes. Nous irons jusqu’au bout dans cette recherche de la vérité", a déclaré Fayulu devant des milliers de supporters.
Fayulu continue de réclamer la victoire avec 62 % des suffrages exprimés et s'autoproclame "président légitime" de la RDC.
Lors du meeting de Fayulu tenu à la place sainte Thérèse dans l'est de Kinshasa, ses partisans scandaient des slogans hostiles à Tshisekedi qu'ils comparaient à Joseph Kabila.
"Tshisekedi a été nommé par Kabila", "Tshisekedi + Kabila = 1", "Voler, ce n'est pas bon", scandaient-ils sous une présence discrète de la police.
En dépit de la pression de l'Union africaine, qui mettait sérieusement en doute les résultats publiés par la commission électorale, la Cour constitutionnelle congolaise a confirmé la victoire de Félix Tshisekedi avec 38,57% des suffrages, dépassant Fayulu (34 %) et Emmanuel Ramazani Shadary (23%), le candidat soutenu par Joseph Kabila.
En vertu de la constitution congolaise, il a épuisé toutes les voies légales de recours.
Tshisekedi a pris ses fonctions, le 24 janvier, succédant officiellement à Joseph Kabila dont la coalition a raflé la majorité des sièges à l'Assemblée nationale et devait designer le premier ministre de Tshisekedi.
"Je n’ai pas de problème avec Félix Tshisekedi. C’est mon frère. Ce n’est pas tant lui, c’est ceux qui l’ont nommé, ceux qui veulent aller contre la volonté du peuple”, a déclaré Fayulu, promettant de saisir les instances internationales dont l'Union Africaine (UA) pour recouvrer sa victoire reconnue par l'influent épiscopat congolais.
L'opposant a rejeté la main tendue par Tshisekedi, le considérant comme une marionnette de Kabila.
"Je te souhaite de devenir le porte parole de l’opposition au parlement où tu as été élu", a tweeté plus tard après le meeting, Vidiye Tshimanga, le porte-parole de Tshisekedi.
Président d'un petit parti politique (Engagement pour la citoyenneté et le développement), Martin Fayulu a gagné la popularité grâce au soutien de deux poids-lourds de l’opposition retranchés en Belgique, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba.
Son meeting est le premier de l'ère Tshisekedi, qui lors du discours vde son investiture, le 24 janvier dernier, avait promis de démocratiser le pays en respectant les libertés publiques.