RDC: L'épidémie de choléra en baisse, mais difficile à stopper (officiel)
- 1.126 cas de choléra dont 27 décès ont été détectés au cours de la semaine du 4 au 10 décembre.
Esma Ben Said
19 Décembre 2017•Mise à jour: 20 Décembre 2017
Congo, The Democratic Republic of theAA/Kinshasa/Fiston Mahamba
Déclarée sur le territoire national de la République démocratique du Congo depuis juillet, l'épidémie de choléra peine à être maîtrisée, malgré les efforts visant à stopper la survenue de nouveaux cas, a appris Anadolu d'un communiqué du ministère congolais de la Santé.
"Bien que la tendance générale soit légèrement à la baisse, la semaine 49 a été marquée par la détection de cas de choléra dans deux nouvelles zones de santé dans le Kongo Central et à Kinshasa", a noté le communiqué du ministère de la Santé, rendu public lundi et dont Anadolu a reçu une copie.
Le ministère de la Santé indique que la 49ème semaine depuis la déclaration de l'épidémie, marquant la période entre le 4 et le 10 décembre, a été caractérisée par la détection de 1.126 cas de choléra dont 27 décès, soit un taux de létalité de 2,4% dans 66 zones de santé et 13 provinces de la République démocratique du Congo.
Selon les données fournies par le ministère de la Santé, les provinces de l'espace "Kasaï", zone en proie à l'insécurité depuis août 2016, reste la plus touchée par le choléra.
"Quatre des cinq provinces de la région du Grand Kasaï continuent à abriter la majorité des cas et décès liés au choléra. La région a notifié 323 cas, soit 28,7% de tous les cas en RDC, et 21 décès, soit 77,7% du total national", a alerté le ministère.
Dans une autre adresse à la presse, le ministre congolais de la Santé a expliqué que la République démocratique du Congo met tous les moyens en œuvre pour stopper l'avancée de la maladie, malgré les contraintes sécuritaires et le délabrement des canaux de communication, rendant difficile l'accessibilité aux zones sanitaires enclavées, touchées par le choléra.
Restituant les conclusions du forum mondial sur la couverture sanitaire universelle, tenue du 12 au 15 décembre à Tokyo, au Japon, les participants à ce forum dont le premier ministre japonais, Shinzo Abe, le secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies, António Guterres, le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus et le directeur général de l’Unicef, Anthony Lake ont reconnu qu'il faudra insister sur l’importance pour les pays à faibles revenus de sortir de la logique de santé publique qui n’est pas suffisamment orientée vers le service au patient.
"Il a été ainsi plaidé pour un changement de paradigme qui met l’accent sur les résultats cliniques et le bien-être des patients à leur chevet. Cela passe nécessairement par un plus grand investissement dans le capital humain, à travers la formation et l’éducation", explique le document dont Anadolu a reçu une copie.
Depuis janvier 2017, le ministère congolais de la Santé déclare avoir enregistré 51.634 cas suspects et 1.082 décès, soit une létalité de 2%.
Par ailleurs, au moins un cas de choléra a été identifié dans 24 des 26 provinces de la RDC et 229 des 515 zones de santé ont déjà été touchées au moins une fois.
L'insalubrité, la mauvaise hygiène et l'inefficacité de fourniture de l'eau potable restent les principales causes de la maladie.