Nadia Chahed
10 Octobre 2017•Mise à jour: 11 Octobre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L’opposant congolais Moise Katumbi a annoncé qu’il va rentrer en République démocratique du Congo (RDC) avant le 31 décembre 2017, période à laquelle l'élection présidentielle devrait avoir lieu.
Invité au Forum sur l’Afrique organisé, lundi, par le Financial Times à Londres, Moise Katumbi a affirmé dans un discours relayé mardi par le site du quotidien britannique qu’il est le "seul homme dont Kabila a peur" en RDC.
Et d’ajouter que "chaque jour, chaque minute, chaque seconde que Kabila passe au pouvoir, le Congo perd quelque chose. Son mandat est achevé", a-t-il ajouté présentant la date de son retour en RDC comme "la fin de l‘ère de Joseph Kabila".
L’opposant Moise Katumbi a été gouverneur de la province du Katanga (Sud-est) et un allié de Joseph Kabila, avant de basculer dans l’opposition en septembre 2015, reprochant à Kabila de vouloir violer la Constitution, en tentant notamment de briguer un troisième mandat.
Riche homme d’affaires, il s’est déclaré, en Mai 2016, candidat à la prochaine élection présidentielle.
"Si je gagne les élections, je dois changer ce pays, inviter tous les investisseurs à venir nous aider à construire notre pays. C’est le secteur privé qui rendra le Congo fort" a-t-il promis lors du forum de lundi.
Mais Katumbi s’est exilé en Europe après avoir été inculpé pour atteinte à la sûreté de l’Etat, dans une affaire de recrutement présumé de mercenaires.
Il a également été condamné à trois ans de prison ferme, en Juin 2016, dans une affaire de spoliation d'un bien immobilier appartenant à un ressortissant grec.
Une condamnation qualifiée de "mascarade" par les évêques de l’Eglise catholique dans un rapport confidentiel adressé au président Joseph Kabila en mars dernier.
Le mois dernier, Katumbi avait menacé de "faire appel à la rue" pour déloger le président Joseph Kabila, au cas où les élections dont la présidentielle ne se tiendraient pas avant la fin de l'année comme prévu dans l'accord politique du 31 décembre 2016.
Katumbi avait, par ailleurs, dénoncé un "coup d’Etat constitutionnel en cours" et annonçait qu’il "préparait " son retour en RDC pour "sauver un peuple en train de souffrir".