Lassaad Ben Ahmed
15 Janvier 2018•Mise à jour: 15 Janvier 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Une soixantaine de députés et sénateurs de l’opposition et de la coalition au pouvoir ont déposé, lundi, une requête à la Cour constitutionnelle pour invalider certaines dispositions "inconstitutionnelles" dans la loi électorale, promulguée en décembre dernier par le président Joseph Kabila, a constaté le correspondant d’Anadolu.
Vers 10H30 (9H30 GMT), une vingtaine de députés et sénateurs de l’opposition et quelques uns de la majorité présidentielle ont déposé leur requête auprès du greffe de la Cour constitutionnelle "que nous donnons l’occasion de se racheter" a déclaré à Anadolu le député Christophe Lutundula initiateur de la requête signée par 66 élus.
Selon la nouvelle loi, les sièges dans les assemblées (nationale et provinciales) ne seront attribués qu’aux élus des partis ou regroupements ayant remporté 1% des voix exprimées sur l’ensemble du pays par les électeurs.
Avec cette loi, les indépendants "sont d’office privés de siège" et "verrouillés de l’exercice démocratique", a ajouté Lutundula, dénonçant une "violation flagrante de la Constitution".
Reformée, cette loi "consacre une démocratie des riches", a ajouté dans la foulée, le député Ekombe Mpetshi, dénonçant la hausse de la caution (doublée) à payer par les candidats.
Approchés par Anadolu, des députés de la majorité présidentielle signataires de cette requête en contradiction avec la hiérarchie de leur camp, ont refusé de s’exprimer.
Mais l’un d’entre eux, Thomas Lokondo a estimé que cette loi qui "viole massivement la constitution", a été votée "en toute ignorance".
"Elle peut faire couler plusieurs partis de la majorité", a averti Lokondo, demandant à sa coalition de "revoir ses stratégies".
Selon Lutundula, cette procédure devant la Cour "ne peut en aucun cas retarder le processus électoral", devant aboutir le 23 décembre 2018 à trois scrutins dont la présidentielle pour désigner le successeur à Kabila au pouvoir depuis 2001.
Très attendus dans ce pays qui traverse une méga crise politique et humanitaire, les scrutins du 23 décembre, "ne seront pas reportés" a dernièrement rassuré le chef de la commission électorale, Corneille Nangaa, en réponse au Conseil de sécurité des Nations-Unies qui a mis en garde contre "tout nouveau" report.