Esma Ben Said
06 Avril 2018•Mise à jour: 06 Avril 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Un prêtre catholique congolais enlevé dimanche par des hommes armés dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) a été libéré jeudi soir à l’issue des négociations entre l’Eglise et les ravisseurs "sans versement de rançon", a appris vendredi Anadolu de source ecclésiale congolaise.
"L’Abbé Célestin Ngango a été relâché par des ravisseurs (…) ils nous exigeaient ½ million de dollars mais nous n’avons rien donné ", a déclaré à Anadolu Louis de Conzague Nzabanita, vicaire général du diocèse de Goma dans la
province du Nord-Kivu, frontalière avec le Rwanda et l’Ouganda.
L’Abbé avait été enlevé dimanche dans la localité de Karambi en territoire de Rutshuru, après avoir officié une messe pascale dans la localité de Nyarukama.
"Il a été amené la nuit les yeux bandés (…) il n’a pas été torturé", a indiqué le vicaire général parti "personnellement à Rutshuru pour négocier avec les ravisseurs par des personnes interposées, la libération du prêtre" Ngango.
Dans le Nord-Kivu, fief des dizaines de groupes armés et de rébellions étrangères, les enlèvements de travailleurs humanitaires, de commerçants, de villageois et de particuliers contre rançon sont fréquents.
Pour la libération de l’Abbé Célestin Ngango, l’Eglise a débloqué environ 5 000 dollars, selon un responsable de la société civile locale.
Les enlèvements des prêtres se sont multipliés depuis 2012. Dans le territoire de Beni, voisin de Rutshuru, trois prêtres assomptionnistes avaient été enlevés en 2012 par les rebelles ougandais des forces démocratiques alliées (ADF).
L’influent épiscopat congolais a rappelé mardi dans un communiqué qu’il n'a aucune nouvelle des prêtres assomptionnistes Jean-Pierre Ndulani, Edmond Kisughi et Anselme Wasukundi, enlevés le 19 octobre 2012 dans le Nord-Kivu, ainsi que des abbés Jean-Pierre Akilimali et Charles Kipasa, enlevés le 17 juillet 2017.