Esma Ben Said
16 Mars 2018•Mise à jour: 16 Mars 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Sept grandes compagnies minières représentant 85 % de la production de cuivre, de cobalt et d’or de la République démocratique du Congo (RDC) ont quitté l’organisation patronale congolaise, qu’elles reprochent de ne pas représenter pas leurs intérêts, selon un communiqué.
Randgold, AngloGold Ashanti, Glencore, Ivanhoe Mines, Crystal River Global et China Molybdenum Co, ont annoncé dans un communiqué conjoint jeudi soir qu’elles quittaient la Fédération des entreprises du Congo (FEC), organisation patronale dirigée par Albert Yuma proche du président Joseph Kabila et chef de la principale société minière d’Etat, la Gecamines.
Ces entreprises minières estiment, dans leur communiqué, que l’organisation patronale congolaise "ne représente pas leurs intérêts de manière adéquate".
Le président de cette organisation Albert Yuma avait accusé en Février dernier les compagnies minières étrangères d’avoir spolié la RDC et sa population.
La décision de claquer la porte de l’influente FEC a été prise après une période de concertation de 30 jours, selon le communiqué parvenu à Anadolu.
Ces compagnies minières quittent le patronat une semaine après que le président Joseph Kabila a promulgué le nouveau code minier.
Jugé non avantageux pour les opérateurs, ce code porte à 10% les taxes sur les "métaux stratégiques" notamment le cobalt et le cuivre.
Il instaure également une taxe de 50% sur les superprofits. L'ancien Code prévoyait un taux de 2% pour le cuivre et le cobalt mais accorde une importance à la nécessité de consultation avec les communautés locales avant toute exploitation.
Deux jours avant cette promulgation, Kabila avait rencontré les représentants de ces sept principales compagnies minières et leur avait promis "un dialogue constructif".
Premier producteur de cuivre d'Afrique et dépendant des secteurs minier et pétrolier, le Congo-Kinshasa a vu sa croissance baisser et son taux d'inflation augmenter ces deux dernières années en raison de la chute des cours des matières premières.
L'économie congolaise se porte actuellement de "mieux en mieux", s’est dernièrement réjoui le gouverneur de la banque centrale du Congo (BCC) Deogratias Mutombo affirmant que l’économie congolaise "se stabilise" et espérant
"fermement" que 2018 enregistrera une performance "beaucoup plus satisfaisante".