Esma Ben Said
16 Août 2017•Mise à jour: 16 Août 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les médecins des hôpitaux publics de Kinshasa ont décidé de durcir leur mouvement de grève décrété dans les hôpitaux de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC) pays traversant une sérieuse crise économique doublée de tensions politiques, a appris mercredi Anadolu du Syndicat
national des médecins (SYNAMED).
"Nous avons décidé de durcir notre mouvement de grève. Passant ainsi de l’observation du service minimum à la radicalisation extrême de la grève" a déclaré Simon Itelete, secrétaire exécutif SYNAMED) à Kinshasa.
Cette décision intervient, selon la même source, après que le conseil des ministres présidé par le président Joseph Kabila vendredi dernier a ignoré leurs revendications parmi lesquelles le réajustement de leurs salaires au taux de change du jour, le paiement des arriérés et les promotions en grades pour la plupart d’entre eux.
Les conditions sociales des médecins congolais se sont "cruellement dégradées" a-t- il ajouté expliquant que le syndicat "n’entend pas baisser les bras avant d’obtenir gain de cause".
L’Economie congolaise a connu des chocs négatifs depuis la mi 2015 suite à l'effondrement des prix des matières premières sur le marché mondial. Sur fonds de la grogne sociale, la monnaie congolaise qui a perdu plus de 55% de sa valeur depuis le début de l'année par rapport au dollar américain principale devise en RDC.
Plusieurs puissances occidentales et plusieurs partenaires traditionnels de la RDC sont réticents à aider ce pays depuis que le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, est resté en fonction au-delà de son deuxième et dernier mandat constitutionnel échu le 19 décembre 2016.
Son "accrochage" au pouvoir a plongé le pays dans une crise politique et favorisé la multiplication des foyers de tensions et d’insécurité dans le pays.