Safwene Grira
20 Septembre 2016•Mise à jour: 22 Septembre 2016
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les sièges de quatre partis de l'opposition en République Démocratique du Congo (RDC) ont été incendiés mardi matin, au lendemain de violentes manifestations contre le pouvoir qui ont fait, au moins, 17 morts, a constaté le correspondant de Anadolu.
L'opposition a évoqué des incendies d'origine "criminelle" et tient pour "responsable [...] le pouvoir en place et les forces de l’ordre" d'après Joseph Olengankoy, membre du comité des sages du Rassemblement des forces acquises au changement à laquelle appartiennent les quatre partis en question et qui constitue la principale plateforme de l'opposition dans le pays.
Alors qu'aucune réaction du pouvoir n'était enregistrée, mardi jusqu'à 10h GMT, l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS - principal parti de l'opposition), a confirmé la mort de deux personnes dans l'incendie déclaré dans ses locaux, d'après une déclaration à Anadolu du Secrétaire général de l'UDPS, Jean-Marc Kambund-a-Kambund.
La situation reste tendue à Kinshasa où des manifestations qui ont basculé dans la violence avaient fait, lundi, 17 morts, dont trois policiers, selon un bilan officiel, alors que l'opposition déplore plus de 50 morts. Des locaux du parti présidentiel, des commissariats de police et le siège d'une juridiction avaient été incendiés par des manifestants à Kinshasa, alors que d'autres villes du pays avaient également été le théâtre de violences.
A la suite des incendies déclarés mardi, de nouveaux heurts ont opposé des militants de l’opposition aux forces de l’ordre non loin du siège du parlement, où la police a dispersé les protestataires par des tirs de grenades au gaz lacrymogène.
Les accrochages se poursuivaient encore, en fin de matinée, dans les communes kinoises de Lemba et de Matete, réputées des bastions de l'opposition, ainsi qu'à l'université de Kinshasa. Les établissement scolaires et des commerces étaient fermés, alors que plusieurs vols à destination de la capitale congolaise se trouvaient retardés ou annulés.
A travers cette manifestation qu'il a appelé à poursuivre, mardi, le Rassemblement de l'opposition entendait lancer un "ultimatum" de trois mois au président Joseph Kabila, au terme desquels il "doit quitter le pouvoir."
Le président congolais est accusé de procéder à un glissement du calendrier électoral pour se maintenir au pouvoir au-delà de son dernier mandat constitutionnel, dont l'échéance est fixée au mois de décembre prochain.
Les parties prenantes au dialogue politique, parrainé par l'Union Africaine (UA) et boycotté par le Rassemblement de l'opposition, avaient convenu la semaine dernière du report de la présidentielle de novembre prochain au courant de l'année 2017, en invoquant la non disponibilité du fichier électoral.