Nadia Chahed
21 Mai 2019•Mise à jour: 22 Mai 2019
AA/Tunis
En marge des travaux de la 72ème Assemblée mondiale de la santé (AMS) qui se tient cette semaine à Genève, les autorités congolaises ont confirmé la complexité de la situation et surtout l’insécurité qui mine le combat contre Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri, a rapporté l'ONU.
Depuis le début de l’épidémie d’Ebola, qui sévit depuis neuf mois en République démocratique du Congo (RDC), le cumul des cas est de 1.826 cas (1.738 confirmés et 88 probables) et 1.218 décès dont 1.130 confirmés et 88 probables, rappelle l'ONU, notant que "même si on est encore loin des 11.000 morts provoqués par une épidémie similaire qui a ravagé le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée entre 2014 et 2016, l’évolution de la maladie inquiète".
Au cours d’une réunion ce mardi du Comité A de l’AMS, Kinshasa et les responsables de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont reconnu que le défi sécuritaire complique la lutte contre la propagation du virus à Ebola.
"Ce qui retarde l’élimination cette épidémie, c’est en fait les problèmes liés à l’environnement sécuritaire et à la violence, mais aussi les problèmes internes liés à la riposte", a déclaré Dr Oly Ilunga, ministre de la Santé de la RDC.
Selon le Directeur général de l’OMS, la flambée est toujours en cours, non pas qu’ils n’ont pas les outils ou les compétences nécessaires. Mais "l’épidémie se poursuit parce que nous n’arrivons pas à voir régulièrement les communautés concernées", a insisté Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.
D’ailleurs le dernier rapport épidémiologique du Ministère congolais de la santé daté du 20 mai 2019 fait état d’une attaque contre un convoi d'une équipe d’Enterrement digne et sécurisée (EDS) survenue au cimetière Kanzunza à Butembo le dimanche 19 mai 2019, rapporte l'ONU, précisant que le véhicule de la riposte a été légèrement abîmé et trois policiers ont été légèrement blessés.
"Ces derniers temps, les populations riveraines de certains cimetières publics affichent une hostilité face aux équipes EDS qui y enterrent les personnes décédées d’Ebola", avait noté le ministère de la Santé.
Du coup, cet environnement croissant d’insécurité place les travailleurs sanitaires congolais, les collaborateurs de l’OMS et d’autres organisations dans une situation complexe.
La complexité est surtout liée à l’environnement sécuritaire et aux distances, à l’environnement, à la densité de population ... et à la grande mobilité de la population , a souligné Dr Oly Ilunga.
Malgré les difficultés dans ce combat contre Ebola, Dr. Ilunga a souligné que la riposte a tout de même réalisé "de nombreux succès".
Ainsi, en neuf mois, l’épidémie a été contenue dans deux provinces. Par ailleurs les autorités congolaise ont réussi à contenir le virus au niveau des frontières de la RDC et à épargner ainsi les pays voisin
De son côté, la Directrice du Bureau régional de l’OMS en Afrique (AFRO), Matshidiso Moeti, a salué les efforts consentis par les neuf pays voisins de la RDC, notamment en termes de dialogue et de la sensibilisation des communautés dans toutes les zones à haut risque.