Lassaad Ben Ahmed
25 Mai 2020•Mise à jour: 29 Mai 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le tribunal de Grande instance de Kinshasa a décidé, lundi, de renvoyer au 3 juin, la troisième audience du procès impliquant Vital Kamerhe, directeur de cabinet du Président Felix Tshisekedi, l’homme d’affaires libanais Jammal Sammib et un fonctionnaire de la présidence.
Ils sont tous poursuivis pour détournements de deniers publics et corruption dans une affaire d’achat des maisons préfabriquées destinées aux militaires et policiers dans 5 provinces congolaises.
L’audience foraine s’est tenue dans la prison de Makala, où Vital Kamerhe et Jammal Samih, patron de la société Samibo Congo sont détenus depuis plusieurs mois.
Vêtu d’une tunique bleu à col jaune, Vital Kamerhe a affirmé n’avoir jamais signé un quelconque contrat et n'avoir touché aucun fonds.
Il a sommé le parquet près la cour d’Appel de Kinshasa de « prouver » les détournements pour lesquels il est détenu en prison depuis le 08 avril dernier.
« Mon travail était de m’assurer que les travaux contenus dans le programme présenté par le président de la République soient effectués. Mon souci en tant que directeur de cabinet était de payer tous les intervenants afin de mener à bien ces travaux », a poursuivi Vital Kamerhe qui dit avoir agi selon le principe de la « continuité de l’Etat » car, « le contrat avait été conclu par le précédent gouvernement », sous Joseph Kabila.
« A quel moment, pièce à l’appui, j’ai détourné de l’argent », a-t-il martelé espérant, « qu’à la fin de cette audience, je sois mis en liberté provisoire ».
L’homme d’affaires libanais de 82 ans Jamal Samih, a pesté contre sa détention, affirmant être « innocent » et demandé au tribunal de se pencher sur les « résultats et non sur les tournures mensongères » du parquet et du ministère public.
L’affaire concerne un contrat de livraison de 15.000 maisons préfabriquées pour une somme de 57,6 millions de dollars.
Le ministère public, en prenant la parole à l’ouverture des débats, a fait remarquer que le paiement de 57 millions à Jammal Samih et sa société Samibo s’est fait sur aucune base, car « le contrat n’avait pas encore été signé ».
L’Etat congolais constitué en partie civile a demandé la comparution de l’épouse de Vital Kamerhe et de sa belle-fille, ce que la défense a rejeté.
Le tribunal a annoncé la comparution, le 03 juin prochain, d’une cohorte de personnalités politiques dont les anciens ministres des Finances, du budget et du développement rural.
Le gouverneur de la banque centrale, qui avait effectué des paiements, sera également auditionné, selon le tribunal.