Nadia Chahed
23 Mai 2017•Mise à jour: 23 Mai 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le député de l'opposition congolaise, Clément Kanku Bukasa, s'est dit, mardi, "consterné par les allégations d'implication dans des actions criminelles", portées contre sa personne.
Kanku réagissait dans un communiqué, publié mardi en début d'après midi, à l'ouverture plus tôt dans la journée par le parquet général de la République Démocratique du Congo (RDC) d'une enquête sur son "implication présumée dans les violences qui secouent les provinces du Kasaï dans le centre du pays, depuis août dernier".
"Je réfute totalement", ces allégations a assuré Bukasa dans le communiqué dont Anadolu a reçu copie.
"Je suis convaincu que toute la lumière sera faite dans cette affaire et que justice sera rendue aux nombreuses victimes d’exactions abominables dans le Kasaï, y compris les deux experts des Nations Unies.Pour ma part de ne laisserai personne par quelques artifices que ce soit salir ni mon image ni la mémoire de ces nombreuses victimes qui attendent réparation", a-t-il ajouté.
Le parquet général de la République Démocratique du Congo (RDC) avait annoncé, mardi, l'ouverture d'une enquête sur l'implication présumée d'un député de l’opposition dans les violences qui secouent les provinces du Kasaï dans le centre du pays, depuis août dernier.
Cette enquête fait suite à la révélation faite, samedi dernier, par le Journal américain New-York Times sur la responsabilité du député de l'opposition, Clément Kanku, dans cette affaire qualifiée de « sinistre » par le parquet général.
Un enregistrement sonore diffusé sur les réseaux sociaux et par le site dudit journal fait entendre le député congolais en pleine conversation avec un présumé chef milicien allié à Kamwina Nsapu auprès de qui il s’informait et à qui il « ordonnait de commettre des crimes ».
"La nature et les circonstances de cette conversation ne peuvent aucunement laisser indifférent l’officier du ministère public que je suis. Voila pourquoi ce 22 Mai 2017, j’ai été emmené à ouvrir une enquête pour en savoir un peu plus", a déclaré au cours d’une conférence de presse à Kinshasa, Flory Kabange Numbi, procureur général de la République.
Annonçant avoir demandé au président de l’Assemblée nationale l’autorisation pour enquêter sur le député, Kabange Numbi a affirmé qu’à l’issue de l’instruction si les faits parvenaient à être établis, le député serait alors inculpé de : « participation à un mouvement insurrectionnel, assassinat, incendies volontaires, destructions méchantes et association de malfaiteurs ».
Cet enregistrement téléphonique fait partie d’une centaine de fichiers tirés de l’ordinateur de l’experte onusienne Zaida Catalan, tuée en mars dernier avec son collègue Michael Sharp, dans la province du Kasaï-central.
Député de l’opposition, Clément Nkanku avait été nommé en décembre dernier, ministre chargé de la Coopération dans le gouvernement de l’opposant Samy Badibanga jusqu'à la démission de ce dernier, début avril dernier.
La justice militaire congolaise avait annoncé, samedi dernier, l’ouverture imminente du procès sur le meurtre de deux experts de l’ONU.
La Suédoise Zaida Catalan et l’Américain Michael Sharp avaient été missionnés par le secrétaire général de l’ONU pour enquêter sur les violences déclenchées dans les provinces du Kasaï, depuis août 2016.
Ces violences ont déjà fait plusieurs centaines de morts et forcé 1.3 millions de personnes à se déplacer, selon l’ONU.