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RDC : la police disperse une marche pacifique à Lubumbashi

- Les manifestants réclamaient la libération de l’ancien président de la commission électorale (2011 – 2013), condamné depuis l’an dernier à trois ans de prison ferme pour notamment atteinte à la sureté intérieure de l’Etat.

Lassaad Ben Ahmed   | 18.01.2022
RDC : la police disperse une marche pacifique à Lubumbashi

Congo, The Democratic Republic of the

AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa

La police congolaise a dispersé une manifestation de quelques centaines d'opposants exigeant, dans le sud – est de la République démocratique du Congo (RDC), la libération de l’ancien président de la commission électorale (2011 – 2013) condamné depuis l’an dernier à trois ans de prison ferme pour notamment atteinte à la sureté intérieure de l’Etat et incitation à la haine tribale.

La marche, initiée par l'Alliance des forces pour le bien-être des Congolais (ABFC), un parti de la coalition de l’ancien président Joseph Kabila avec quelques notables de la région du Katanga pour réclamer la libération de Daniel Ngoy Mulunda Nyanga, était interdite par les autorités de la ville de Lubumbashi, deuxième ville la plus importante en RDC après la capitale Kinshasa.

La police a dispersé à coups de gaz lacrymogène et de balles réelles la marche, s’affrontant quelque fois aux protestataires. « Le Pasteur Mulunda est victime d’une injustice », a déclaré le député Felix Kabanga, l’un des meneurs du cortège de protestation.

Près d’une Eglise surplombant un carrefour névralgique, la police s’est affrontée aux manifestants qui forcaient une barrière.

« Il y a beaucoup de blessés moi – même y compris. Il y a aussi des arrestations. Nous allons tous remplir la prison car il est impossible de laisser passer cette injustice instrumentalisé », a déclaré le député Matthieu Kasunka au nom des manifestants.

« Je condamne fermement l’usage disproportionné de la force et le recours à la violence pour réprimer la manifestation pacifique organisée en faveur de la libération du Pasteur Ngoy Mulunda. Les tirs à balles réelles et l'usage intempestif des gaz lacrymogènes sont injustifiables », a réagi Moise Katumbi, ancien gouverneur du Katanga, opposant à Kabila et allié de l’actuel président Felix Tshisekedi.

Ngoy Mulumba, proche de l’ancien président Kabila, avait été condamné, le 26 janvier 2021, en l’absence de ses avocats.

Daniel Ngoy Mulunda, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), avait écopé de trois ans de prison ferme et été condamné au paiement d’une amende de 250 dollars pour « incitation à la haine tribale, propagation de faux bruits et atteinte à la sûreté intérieure de l’État ».

La justice congolaise reprochait à Ngoy Mulunda des propos tenus le 16 janvier 2021 devant des fidèles réunis dans la Cathédrale de la Nouvelle église méthodiste, à Lubumbashi. Le prédicateur avait fulminé contre le nouveau régime, l’accusant d’humilier les anciens dignitaires dont Kabila.

« S’ils ne veulent pas que le Katanga se coupe, ils doivent respecter nos dirigeants, et plus particulièrement notre leader, le président honoraire et sénateur à vie, Joseph Kabila », avait-il lancé.

Les élections organisées en 2011 par Ngoy Mulunda étaient emailées d'irrégularités, selon plusieurs missions d’observation.

Ce scrutin avait abouti à la réélection de Joseph Kabila pour un second mandat.

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