Mohamed Hedi Abidellaoui
21 Avril 2017•Mise à jour: 21 Avril 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Les évêques catholiques qui assuraient la médiation dans la crise politique en République démocratique du Congo (RDC) ont désapprouvé, vendredi, la manière dont le président Joseph Kabila a nommé Bruno Tshibala au poste de Premier ministre.
« Les évêques considèrent que la nomination de Tshibala est une entorse à l’Accord de la saint-sylvestre », a déclaré le secrétaire général de la conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) l’abbé Donatien Nshole qui s’exprimait, vendredi, en conférence de presse à Kinshasa.
Selon le prêtre, cette nomination devait intervenir après une rencontre entre le président Kabila et le chef de la délégation du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, plateforme à laquelle devait échouer la gestion du gouvernement chargé de conduire le pays jusqu’à l’organisation des élections « en fin d’année ».
La nomination de Bruno Tshibala explique « la persistance de la crise », a poursuivi Nshole soulignant qu’il est « urgent de hâter la signature de l’arrangement particulier » qui fixe les modalités de mise en œuvre dudit accord politique.
Dans leur déclaration, les évêques catholiques ont également déploré la détérioration du climat économique en RDC et appelé les acteurs politiques et sociaux à « être plus sensibles aux souffrances du peuple congolais ».
Selon eux, le manque de consensus sur la gestion du pays pendant la période préélectorale et électorale « sème la peur, éloigne les investisseurs et affecte sérieusement le climat des affaires ».
Très respectés et écoutés en RDC, les évêques catholiques avaient mis fin, le 27 mars dernier, à leur médiation dans la crise, en raison de la persistance des divergences entre le pouvoir et l’opposition sur le mode de désignation du Premier ministre et le président de l’organe de surveillance de la transition.
La nomination de Bruno Tshibala, dissident de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti de l’opposant Etienne Tshisekedi décédé le 1er février dernier en Belgique, avait été contestée par l’Union européenne,les Etats-Unis et plusieurs autres puissances occidentales qui la jugeaient « contraire à la lettre et à l’esprit de l’accord de la saint-sylvestre ».
Le Rassemblement s’attendait en effet, à la nomination de Félix Tshisekedi (fils d’Etienne Tshisekedi) au poste de Premier ministre, conformément à un consensus conclu au sein de la plateforme et à la lettre laissée par son père, avant son dernier voyage en Belgique.