Lassaad Ben Ahmed
26 Avril 2022•Mise à jour: 26 Avril 2022
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La majorité des groupes armés (une centaine) conviés par la présidence de la République démocratique du Congo dans la capitale kenyane pour des négociations sous la facilitation kenyane, ne sont pas encore arrivés à Nairobi où les négociations s'étaient ouvertes, dimanche dernier.
Annoncés depuis plusieurs jours, les groupes armés actifs dans les provinces de l'Ituri et du Nord Kivu sont encore en attente à Goma, dans l’est de la RDC, « pour des raisons logistiques », a déclaré la présidence congolaise dans un compte-rendu émis par son département de la communication.
La présidence Kenyane qui pilote ce volet politique a affirmé « tout mettre en œuvre afin de transporter à Nairobi tous ces chefs de guerre », selon la même source.
A l’ouverture des négociations proprement dites, l'équipe présidentielle de la RDC s'est entretenue, tour à tour, de manière séparée avec chacun des mouvements représentés.
En plus de l’aile du M23 basée au Rwanda, 9 groupes armés influents de la province du Sud Kivu ont participé notamment les Mai-Mai Raïa Mutomboki de Makanika, Twerwanero ( Protégeons-nous en Kinyarwanda ), Mai-Mai Androïde, Gomino, UPSP, Coalition FPDC, UCL.
« Tous se sont déclarés favorables à rejoindre le processus DDR-CS (désarmement, démobilisation, réinsertion communautaire et sociale) tout en affirmant que leur lutte armée n'est pas d'ordre politique mais plutôt d'autodéfense pour certains et de manque de coexistence pacifique pour d'autres », ajoute la présidence congolaise.
Kinshasa et Nairobi ont rappelé à leurs interlocuteurs, représentant les groupes armés, les attentes des chefs d'Etat de la région, en l'occurrence, « un cessez-le-feu immédiat et une reddition inconditionnelle ».
Le week-end dernier, une faction du M23 ( Mouvement du 23 Mars) a été extirpée de la salle de négociations pour avoir repris les hostilités dans l’Est au même moment que les négociations se tenaient.
Ces négociations ont été contestées par l’opposition et par certains élus du camp au pouvoir, estimant qu’elles sapaient les efforts de l’armée, victimes de plusieurs pertes ces dernières années au front.
L’est congolais est constellé d’une centaine de groupes armés dont des rebelles d'origine rwandaise, burundaise et ougandaise qui profitent d’une carence sécuritaire pour commettre des exactions et contrôler des localités.
Les négociations avec les groupes armés ont été amorcées à la suite des résolutions d’un sommet quintipartite, la semaine dernière, des chefs d’Etat de la sous-région qui ont convenu de créer une force régionale devant combattre les groupes armés qui vont résister à toute résolution pacifique.