Lassaad Ben Ahmed
06 Novembre 2017•Mise à jour: 07 Novembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le principal mouvement citoyen en République démocratique du Congo (RDC), Lutte pour le changement (Lucha), a contesté, dimanche, le calendrier électoral publié par la commission électorale et appelé les Congolais à se lever, «dès à présent», contre le président Joseph Kabila, selon un communiqué publié dimanche soir.
Ce calendrier, instamment demandé par la communauté internationale, fixe la date du 23 décembre 2018 pour la tenue de l’élection présidentielle couplée des législatives nationales et provinciales. La prestation de serment du nouveau président élu a été fixée, quant à elle, pour le 12 Janvier 2019.
«Appelons solennellement tous les Congolais, hommes, femmes et jeunes où qu’ils soient, à se lever dès à présent et user de tous les moyens légitimes pour chasser Joseph Kabila et le régime au pouvoir qu’ils exercent en violation de la constitution», souligne le communiqué de Lucha dont une copie est parvenue à Anadolu.
Dans le même texte, le mouvement appelle les Congolais à la désobéissance civile «dès aujourd’hui» et les forces de sécurité congolaises à se ranger «immédiatement» du côté du peuple, pour sa défense.
Ce calendrier répond aux exigences des Etats-Unis qui ont dernièrement, par le biais de Nikki Halley Ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, exigé des élections en 2018 et menacé de couper tout soutien à la RDC, si le calendrier électoral s’écartait de cette échéance.
Les évêques catholiques ayant assuré la médiation dans les négociations entre le pouvoir et l’Opposition - ayant abouti le 31 décembre 2016 à la signature d’un accord politique qui consacre la tenue des élections avant fin 2017 - avaient également exigé la tenue de ces scrutins en 2018.
«Ce calendrier a été élaboré sous la pression de la communauté internationale, des acteurs politiques et de la société civile congolaise», a reconnu lors de la cérémonie sur la présentation du calendrier électoral, le président de la Commission électorale, Corneille Nangaa, qui estimait récemment que ces scrutins ne pouvaient pas se tenir avant Avril 2019.
Ce calendrier est basé sur le principe de «la rationalisation du système électoral pour réduire le coût des élections», a précisé le président de la Commission électorale (Ceni), Corneille Nangaa.
Et l’échéancier «est conforme aux dispositions de l’accord du 31 décembre 2016», conclu fin décembre 2016 entre la majorité présidentielle et l’opposition, et qui prévoit des élections (présidentielle, législatives et provinciales) au plus tard fin 2017.
«Ce calendrier apparait comme une symphonie inachevée et ne peut être réaliste que si tout le monde l’appui», a réagit au cours d’une conférence de presse dimanche soir, le porte-parole de la majorité présidentielle, Alain Atundu.
Atundu a salué la publication de ce calendrier et appelé les cadres du pouvoir à se préparer aux élections.
Toutes les coalitions de l’opposition radicale ont prévu de réagir à la publication de ce calendrier lundi avant midi à Kinshasa, a appris le correspondant d’Anadolu.