Nadia Chahed
06 Novembre 2017•Mise à jour: 07 Novembre 2017
AA/Cameroun/Aurore Bonny
Au Cameroun, la connexion internet mobile, fournie par les différents opérateurs de télécommunications, demeure très en deçà des attentes des consommateurs, de plus en plus portés sur le net et les nouvelles technologies.
Une situation pointée du doigt par les consommateurs qui se disent "arnaqués" par des fournisseurs qui "leur font payer le prix fort pour une connexion peu profitable".
"Les services fournis demeurent de mauvaise qualité malgré les plaintes et le désarroi des abonnés", a déclaré Dellor Magelan, président de la Ligue des consommateurs camerounais (LCC) à Anadolu.
"Je ne sais plus quelle connexion utiliser, je suis abonné chez deux opérateurs mobiles mais je suis obligé de jongler entre mes cartes sim pour trouver la meilleure connexion", explique à Anadolu Justin.J, un étudiant.
A l'instar de Justin, beaucoup de Camerounais subissent les dysfonctionnements des services internet.
Selon le président de la LCC, l'instance chargée de promouvoir et défendre les droits des consommateurs, cette situation est appauvrissante pour les abonnés d’internet. Car au lieu de bénéficier d’une connexion pour faire des recherches et profiter des services et de l'information offerte sur le web, ils payent pour se connecter à peine.
"Le consommateur camerounais est mal traité. Ses plaintes auprès des services commerciaux des opérateurs de télécommunications sont balayées du revers de la main", déplore Dellor Magelan.
Le jeune président de la LCC pense que "les choses se passeraient mieux pour les usagers d’internet, si les nombreuses plaintes étaient prises en compte par les opérateurs et surtout par l’Agence de régulation des télécommunications (ART)".
"L’ART nous ferme les portes ainsi que le ministère en charge de ce domaine. Le droit à l’écoute du consommateur est bafoué. Nous avons saisi la justice contre l’ART. Cette mauvaise situation perdure, car nous ne sommes pas entendus", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, pour de nombreux observateurs ce mauvais fonctionnement du réseau internet chez les opérateurs privés au Cameroun, lève le voile sur la «fausse» publicité effectuée autour de la 4G. Le Cameroun bénéficie selon eux d’une connexion en deçà du meilleur débit.
En effet, les utilisateurs sont séduits par les multiples affiches publicitaires qui vantent la vitesse de connexion par la 4G.
Et pourtant, même si elle est disponible au Cameroun, cette option de connexion rapide manque de planification et son optimisation n’est pas «réellement effective» a expliqué à Anadolu un ingénieur camerounais en télécommunications auprès d’une des principales entreprises de téléphonie mobile du pays.
Face aux multiples dysfonctionnements dans les services offerts par les opérateurs de téléphonie mobile, le ministère camerounais des postes et télécommunications a confirmé la «détérioration continue de la qualité de service chez les opérateurs», dans le rapport du tout premier audit sur la qualité des télécommunications au Cameroun publié le 27 octobre dernier.
Ce rapport attribue les causes de ce mauvais service au non-respect des cahiers de charges et à la faiblesse technique du régulateur dans l’accompagnement des fournisseurs de réseaux.
Pour pallier à cette situation, le ministère en charge des télécommunications a accordé un délai de 6 mois aux divers opérateurs pour revoir leurs services. A cet effet, l’agence de régulation camerounaise veillera au grain et les récalcitrants seront sanctionnés.
Il est à rappeler par ailleurs, que le Cameroun compte 05 opérateurs de téléphonie mobile privés offrant des services internet : Orange, Nextel, Mtn, Yoomee, Vodafone. Il totalise 21% de taux de pénétration d’internet.
Selon les chiffres publiés en avril 2017 par Jumia (leader du e-commerce en Afrique) dans son White Paper Mobile, un document qui communique des données clé sur l’e-Commerce en général et le M-Commerce en particulier, le Cameroun compte 5,01 millions d’utilisateurs internet au Cameroun, 1 personne sur 2 dispose d’un Smartphone.
Ce document laisse également comprendre que le taux de pénétration d’internet au Cameroun a connu une forte hausse en 2016. Il est passé, en effet,de 11%en début 2016 à 21% en 2017.
On compte, donc, à présent un peu plus de 5 millions d’internautes camerounais, sur une population estimée à 24, 2 millions d’habitants. Un taux légèrement supérieur à la moyenne africaine estimée quant à elle à 18% cette année.