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RDC : l’Eglise catholique et le camp Kabila s’opposent à la "congolité"

- Un nouveau projet de loi exige que les parents (père et mère) des candidats à la présidentielle soient des Congolais.

Lassaad Ben Ahmed   | 11.07.2021
RDC : l’Eglise catholique et le camp Kabila s’opposent à la "congolité"

Congo, The Democratic Republic of the

AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa

L’influente Église catholique et le camp de l’ancien président Joseph Kabila ont critiqué une proposition de loi qui prévoit d'interdire aux citoyens ayant un parent étranger de se présenter à l'élection présidentielle en République démocratique du Congo, à deux ans du scrutin.

« C’est pour moi l’occasion, au nom de l’Episcopat et du peuple congolais, de stigmatiser le dangereux projet de loi sur la [congolité] qui ne promeut point la cohésion nationale tant souhaitée. Ce projet de loi, au lieu d’unir le peuple de Dieu dans une seule famille, elle apparait comme un instrument de l’exclusion et de la division », a indiqué le Cardinal Fridolin Ambongo lors d’un culte d’intronisation du nouvel archevêque de Lubumbashi, dans le sud-est de la RDC.

Cette proposition de loi déposée jeudi dernier à l’Assemblée nationale par le député national Nsinga Pululu du camp du président Félix Tshisekedi « apparaît comme un instrument d'exclusion et de division. Je vous invite tous à rester extrêmement vigilants par rapport à toutes ces initiatives dangereuses qui ont comme unique mérite de créer la tension au sein du peuple », selon le cardinal archevêque.

Dans un communiqué sorti tard dans la soirée de samedi, la coalition de l’ancien président Joseph Kabila, Front commun pour le Congo (FCC) s’est opposée à ladite loi «anticonstitutionnelle, inopportune, discriminatoire et conflictogène».

Elle « met à mal l’unité du pays » et risque « d’hypothéquer les acquis démocratiques » et le processus électoral, selon le FCC, fulminant contre la majorité parlementaire «artificiellement fabriquée».

L’ancien camp au pouvoir a appelé à se « mobiliser » contre la loi « inique » et a promis de mobiliser ses députés, sénateurs et adhérents dans les prochains jours.

La proposition fragilise déjà l’union sacrée de la nation (USN), coalition créée par Tshisekedi, au pouvoir depuis 2019.

« Toute éventuelle inscription au calendrier des travaux de l'Assemblée nationale de ce texte, consacrera la rupture définitive et irréversible au sein de l'Union sacrée », a notamment menacé le parti de Moise Katumbi, qui a récemment rejoint Tshisekedi pour une coalition au gouvernement.

Le parti du président Felix Tshisekedi qui a déjà annoncé sa candidature à la présidentielle censée se tenir en 2023, ne s’est pas encore positionné.

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