Afrique

RDC : Kabila promulgue la loi sur le statut d'anciens chefs d'Etat élus

Esma Ben Said  | 28.07.2018 - Mıse À Jour : 29.07.2018
RDC : Kabila promulgue la loi sur le statut d'anciens chefs d'Etat élus

Congo, The Democratic Republic of the

AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa

Le Président congolais Joseph Kabila a promulgué vendredi soir la loi portant sur le statut des anciens Présidents de la République "élus" et fixant les avantages accordés aux anciens chefs d'autres grandes institutions de la République, d'après une ordonnance
présidentielle lue samedi à la télévision publique.

Ce texte passé par le sénat et l'assemblée nationale accorde aux anciens chefs d'Etat élus un statut de sénateur à vie, un logement décent, une pension mensuelle à un taux d’au moins 50 % de son ancien salaire mensuel, des allocations annuelles "pour services rendus", soins médicaux, titres de voyage, un minimum d'agents de sécurité et un personnel civil.

Les anciens présidents élus auront également droit aux honneurs dans toutes les cérémonies officielles et jouiront des droits politiques et civils.

Cette loi "n'accorde toutefois pas d'immunité judiciaire à ces anciens présidents. ils peuvent être poursuivis pour tout crime", a déclaré à Anadolu le sénateur Jacques Djoli, corédacteur de la dite loi qui prévoit "la primauté des juridictions nationales sur les juridictions étrangères".

Certains de ces avantages s'appliqueront aux anciens présidents des deux chambres du parlement et premiers ministres sous des régimes démocratiques.

Cette loi est décriée par l’opposition qui voudrait qu'elle s’applique exclusivement aux anciens présidents élus.

La promulgation de cette loi intervient à cinq mois de la présidentielle censée déboucher à l'élection du successeur de Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001 et dont le dernier mandat a expiré le 19 décembre 2016.

La RDC a déjà connu quatre chefs d'État depuis son indépendance de la Belgique le 30 juin 1960 mais seul Kabila -l'unique président encore en vie-, a été élu.

Les trois premiers ( Joseph Kasavubu, Mobutu Sese seko et Laurent-Désiré Kabila) sont décédés.

Le pays, qui n'a jamais connu de transition démocratique, s'apprête à un passage historique du pouvoir entre un sortant et un entrant.

Mais Kabila, 47 ans, est soupçonné par l'opposition et la société civile de vouloir briguer un troisième mandat jugé illégal. Dans son dernier discours devant députés et sénateurs, Kabila a affirmé qu'il respectera la constitution mais sans fournir toutefois davantage de détails sur son avenir politique.

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.