Nadia Chahed
28 Août 2017•Mise à jour: 29 Août 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les médecins congolais ont durci lundi leur mouvement de grève dans tous les hôpitaux publics du pays, a appris Anadolu auprès d'un responsable du Syndicat des médecins du Congo (SYMECO).
"Nous passons à la vitesse supérieure. Tous les médecins ont été appelés à sécher les hôpitaux de l’Etat à dater de ce lundi jusqu’à la satisfaction de nos revendications", a déclaré à Anadolu Juvénal Muanda, secrétaire général du SYMECO ajoutant que le durcissement du mouvement de grève fait suite à "l’indifférence de Kinshasa ".
Depuis la mi-juillet, les médecins avaient engagé un mouvement de grève, en assurant un service minimum, pour revendiquer le réajustement des paies au taux de change actuel, le paiement des arriérés de salaires, des promotions de grade pour la plupart d’entre eux et l’inscription sur les listes de paie des médecins qui ne sont pas encore rémunérés.
Le durcissent de ce mouvement de grève "pourrait conduire facilement à un désengagement total des médecins des hôpitaux d‘ici début septembre si le gouvernement reste indifférent", a ajouté Muanda, précisant que "seuls les malades déjà hospitalisés seront pris en charge" et qu’ils ne "recevront plus de nouveaux patients même dans les urgences".
Plusieurs corps de métiers ont observé durant les derniers mois des grèves, sur fond de dégradation de la valeur de la monnaie locale, fait qui affecte lourdement le niveau de vie et les bourses des citoyens.
L’économie du plus grand producteur du cuivre en Afrique a connu des chocs négatifs depuis la mi 2015 suite à l'effondrement des prix des matières premières sur le marché mondial.
Plusieurs puissances occidentales et plusieurs partenaires traditionnels de la RDC se montrent réticents à aider ce pays depuis que le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, est resté en fonction au-delà de son deuxième et dernier mandat constitutionnel arrivé à terme le 19 décembre 2016. Fait qui a plongé le pays dans une crise politique et favorisé la multiplication des foyers de tensions et d’insécurité dans le pays.