Nadia Chahed
29 Août 2017•Mise à jour: 31 Août 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les médecins congolais ont poursuivi, mardi, leur mouvement de grève totale (sans service minimum), entamé, lundi, dans tous les hôpitaux publics de la République démocratique du Congo (RDC), a constaté le correspondant d’Anadolu à Kinshasa, la capitale.
A l’hôpital général Kinshasa, sur les deux miles malades qu'il comptait lundi, seuls 600 y étaient encore mardi à la mi-journée, a appris Anadolu auprès d'un responsable de cette structure hospitalière.
Un grand nombre de malades "sont partis vers d’autres hôpitaux privés sans payer leurs factures" a indiqué Gilbert Bangokba, chef-adjoint du bloc de médecine interne.
Dans la grande cour de l'hôpital, les proches des malades qui n'ont pu être déplacés ailleurs, négocient avec les infirmiers et les médecins pour qu'ils prennent soin des leurs.
Lundi, les médecins qui ont vu leur pouvoir d’achat dégringoler suite à la dépréciation de la monnaie congolaise ont durci leur grève entamée il y a plus d'un mois dans les hôpitaux publics.
Interrogé mardi par Anadolu, Juvénal Muanda, secrétaire exécutif du syndicat des médecins du Congo (SYMECO), a déclaré que "pour des considérations déontologiques, les services d'urgence seront maintenus dans deux hôpitaux à Kinshasa".
"Il n' y aura ni consultations, ni tour de salle ni des soins dans tous les hôpitaux", a-t-il précisé, ajoutant que dans les grandes villes du pays seul un hôpital recevra les urgences.
S'agissant des motifs du durcissement de la grève, Muanda, a évoqué lundi "l’indifférence du gouvernement" qui a, selon lui, ignoré les revendications du corps médical.
Le syndicat des médecins exige, notamment, l’amélioration des conditions socioprofessionnelles qui passe par l’application du taux de change actuel dans les paies, le paiement des arriérés de salaires, les promotions en grade pour la plupart d’entre eux...
Si les autorités restent indifférentes, les médecins pourraient se "désengager des hôpitaux d‘ici début septembre" date à laquelle sera effectué une évaluation du mouvement de grève a ajouté le même responsable.
En RDC, plusieurs corps de métiers ont observé durant les derniers mois des grèves, sur fond de dégradation de la valeur de la monnaie locale, fait qui affecte lourdement le niveau de vie et les bourses des citoyens.
A la veille de la rentrée scolaire prévue le 4 septembre, les enseignants menacent à leur tour de boycotter la rentrée si l’Etat ne réajuste pas leurs paies et ne règle pas les arriérés de salaires.