Nadia Chahed
05 Janvier 2017•Mise à jour: 06 Janvier 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé les parties prenantes congolaises à accélérer les préparatifs pour l'organisation des prochaines élections dans les délais.
Soulignant l'importance du facteur temps dans l'organisation des élections, les membres du Conseil de sécurité ont appelé, tard dans la soirée du mercredi, les parties prenantes congolaises à la mise en œuvre de l'accord (signé le 31 décembre dernier), «sans délai, en toute bonne foi et dans son intégralité», afin que soient organisées des élections présidentielle et législatives nationales et provinciales au plus tard en décembre 2017, indique un communiqué publié sur le site de l'ONU.
Les membres du Conseil ont, également, souligné qu'il importe que le Gouvernement de la RDC et ses partenaires nationaux prennent « sans plus attendre » toutes les mesures nécessaires pour « accélérer » les préparatifs des élections, « conformément au calendrier convenu », précise la même source.
Se référant à une déclaration lue par le Président du Conseil de sécurité, (Olof Skoog, Représentant permanent de la Suède), le communiqué rapporte que le Conseil a salué les efforts inlassables qu'ont déployés les médiateurs de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) pour faciliter cet accord.
Le Conseil a, par ailleurs, réaffirmé sa volonté d'appuyer la mise en œuvre de l'accord, en étroite coopération avec l'Union africaine et de continuer à suivre attentivement l'évolution de la situation en RDC, « tout particulièrement au regard du respect des droits de l'homme, des conditions de sécurité sur le terrain et des efforts déployés pour mener à bonne fin le processus électoral », précisant qu'il se dit « prêt à agir en conséquence ».
L'accord politique, conclu au soir du 31 décembre, à l'issue de pourparlers parrainés par l'église catholique de la RDC, stipule qu'il ne saurait y avoir de recours au référendum aux fins de modifier la constitution durant la période transitoire qui court jusqu'à la fin de l'année 2017.
La majorité présidentielle a toutefois estimé que cette stipulation constitue une violation de l'article 5 de la Constitution qui attribue au peuple souverain l'exercice du pouvoir via, notamment, le référendum. Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peuvent s'en attribuer l'exercice, précise cette disposition de la constitution.
Un dialogue boycotté par la plus grande partie de l'opposition avait abouti, le 18 octobre dernier, à un premier accord aux termes duquel la Présidentielle et le départ de Kabila, arrivé cette année au terme de son dernier mandat constitutionnel, seraient reportés au printemps 2018.
Entre temps, un "gouvernement d'union nationale", composé de membres de la majorité et de l'opposition signataire de l'accord a été chargé de diriger le pays.
Rejetant ces conclusions, le rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, principale plateforme de l'opposition, a lancé un appel à la "résistance pacifique" et à chasser Kabila du pouvoir.
Pour pallier le risque de crise sécuritaire, l'Eglise catholique a réuni le pouvoir et le rassemblement autour de négociations "de la dernière chance". Celles-ci ont abouti, le 31 décembre dernier, à un nouvel accord avançant la présidentielle à la fin de l'année 2017 et confiant la présidence du gouvernement ainsi que le pilotage de la transition au rassemblement.