Nadia Chahed
13 Juillet 2017•Mise à jour: 13 Juillet 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Kinshasa a nié, jeudi, que 38 fosses communes ont été découvertes dans le Kasaï(Centre) entre le 4 et le 7 juillet, tel que annoncé la veille par l'ONU, précisant que les données disponibles ne confirment l'existence que de dix fosses.
José Maria Aranaz, directeur du bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’homme (BCNUDH) en RDC avait déclaré, mercredi, à Anadolu que 38 nouvelles fosses communes ont été découvertes dans les territoires de Kamonia et Subula dans le Kasai, rappelant que ces nouvelles découvertes font monter à 80 le nombre total de fosses communes recensées à ce jour dans les provinces du Kasaï.
Réagissant à cette annonce, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a indiqué jeudi que "les pistes découvertes, font état de 10 probables fosses communes dans cinq sites déjà visités … les 28 autres nous ne savons pas d’où elles viennent ".
Qualifiant ces révélations onusiennes de "rumeurs et allégations", Mende a déclaré lors d'une conférence de presse à Kinshasa, que la justice congolaise a besoin de "témoignages et de fait précis".
Il a, en outre, évoqué, des lourdeurs liées à la logistique onusienne dans les enquêtes conjointes sur les violences dans la région du Kasaï.
Les équipes sur place, sont, selon lui, confrontées à des retards dus à la non disponibilité des hélicoptères de l’ONU.
Mende a également, déploré la guerre des statistiques macabres à laquelle s’adonnent certaines parties au sujet des conséquences des violences dans la partie centrale du pays.
Selon Kinshasa, 1 300 personnes ont été tuées dans les violences au Kasaï. L’Eglise catholique a dans un récent décompte, recensé plus de 3 300 morts dans ces violences éclatées au lendemain de la mort d’un chef traditionnel influent [Kamwina Nsapu] lors d’un assaut de la police contre sa résidence en août 2016.
" Il s’agit du sang de nos compatriotes congolais fauchés par une violence que rien, absolument rien ne saurait justifier. Seules les instances judiciaires peuvent en déterminer les responsabilités de manière définitive" a-t-il souligné.
Le haut commissaire des Nations-Unies aux droits de l’Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein avait suggéré de mettre en place une commission d’enquête internationale et indépendante pour enquêter sur ces violences.
Mais sa proposition a été rejetée, le 23 Juin dernier lors de la 35ème session du Conseil des droits de l’Homme à Genève.
Grâce à l’appui de certains pays Africains dont le Burundi, le conseil avait décidé d’envoyer des experts internationaux dans le cadre d’une enquête qui sera dirigée par Kinshasa.
Selon les termes de la résolution onusienne, ces experts remettront les conclusions de leurs enquêtes aux autorités judiciaires congolaises.