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RDC / Elections : Vers une cohabitation historique Kabila-Tshisekedi

Ayant raflé la majorité des sièges à l'Assemblée nationale, le camp de Kabila dirigera la chambre basse du parlement congolais et se verra attribuer la primature, conformément à la Constitution en vigueur.

Lassaad Ben Ahmed  | 14.01.2019
RDC / Elections : Vers une cohabitation historique Kabila-Tshisekedi

Congo, The Democratic Republic of the

AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa

Depuis l'annonce des résultats provisoires des élections du 30 décembre en République démocratique du Congo, des négociations ont commencé entre la majorité présidentielle sortante, menée par Joseph Kabila, et le gagnant de la présidentielle, Félix Tshisekedi.

Les deux parties sont prêts à cohabiter, dans une expérience inédite depuis l'indépendnce du pays en 1960.

Dans un communiqué, rendu public dimanche soir, la majorité présidentielle (MP) autour du président sortant Joseph Kabila a revendiqué plus de 350 sièges à l'Assemblée nationale.

Cette famille politique, "se tient prête à entamer avec le président élu, et ce, sous la houlette de son autorité morale, le Président Joseph Kabila Kabange, toutes les négociations nécessaires en vue de déterminer les modalités pratiques de collaboration pour une gouvernance efficace du pays", souligne son communiqué, dont Anadolu dispose d'une copie.

La majorité présidentielle, dont le candidat Emmanuel Ramazani Shadary est sorti troisième à la présidentielle avec 23% des voix, a appelé dans le même communiqué à "faire bloc derrière le président élu (Félix Tshisekedi)".

Ayant raflé la majorité à l'Assemblée nationale, le camp de Kabila dirigera la chambre basse du parlement congolais et se verra attribuer la primature, conformément à la Constitution en vigueur.

"Des négociations ont d’ores et déjà commencé pour se partager les responsabilités ", a affirmé lundi à Anadolu , Kikaya Bin Karubi, conseiller du président sortant Joseph Kabila.

Cette thèse resterait d’actualité si la victoire de Tshisdekedi est validée d'ici la fin de la semaine en cours par la Cour constitutionnelle.

Ayant également raflé la majorité de sièges dans les assemblées provinciales, le camp de Kabila pourrait contrôler le Sénat (dont les membres sont élus par les députés provinciaux) et la majorité des gouvernorats.

Sorti deuxième avec 34%, l'opposant Martin Fayulu qui a bénéficié du plus grand soutien des leaders de l'opposition dont Jean-Pierre Bemba et Moise Katumbi a contesté la victoire de Tshisekedi, déposant un recours devant la Cour constitutionnelle, samedi à Kinshasa.

Fayulu , 63 ans, a revendiqué une victoire avec 61 % des suffrages et accusé Tshisekedi d'avoir conclu un deal secret avec Kabila.

Ce recours a été accompagné d'une pression des organisations sous-régionales et de la puissante Eglise catholique qui a affirmé que les résultats publiés par la Commission électorale nationale indépendante ne reflètent pas la vérité des urnes.

La Communauté de développement de l'Afrique australe (Sadc) a suggéré des instances compétentes de procéder à un "recomptage" des voix pour garantir la crédibilité du processus électoral.

La Sadc, qui a longtemps apporté son soutien au régime de Kabila, a appelé à la formation d'un gouvernement d'union nationale pour garantir la stabilité de la RDC.

La Conférence internationale pour la région des grands lacs (Cirgl), pilotée par le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, a également suggéré "aux structures compétentes d'envisager le décompte des voix afin de garantir la transparence des résultats et fournir l'assurance nécessaire aux gagnants et perdants".

C'est la première fois en RDC, ex-colonie belge affranchie le 30 juin 1960, qu'une transition démocratique et apaisée sera d'actualité. Tout au long de ses 59 ans d'indépendance, la RDC, ex-Zaïre, a connu des guerres, des coups d'Etat et des assassinats de dirigeants.

Le dernier dans l'histoire récente du pays remonte au mois de janvier 2001.

Apres avoir renversé Mobutu Sese Seko ( 32 ans de règne) en 1997, Laurent-Désiré Kabila (père de Joseph Kabila) avait été assassiné 4 ans plus tard au palais présidentiel à Kinshasa par sa garde rapprochée.

Après 17 ans de règne, Joseph Kabila qui a hérité du pouvoir de son père, a renoncé à briguer un troisième mandat après une forte pression de l'opposition, de l'Eglise catholique et des pays occidentaux.

Il sera le premier ex-chef d'Etat en vie en RDC. Il est censé passer le pouvoir le 22 janvier, à son successeur issu de l'opposition, Félix Tshisekedi après le verdict de la Cour constitutionnelle.

Soupçonné de préparer une mainmise sur les capacités de son successeur, Kabila a considéré, dans une interview la semaine dernière au magazine Français Jeune Afrique que celui-ci "aura tous les pouvoirs nécessaires" pour diriger le pays.

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