Lassaad Ben Ahmed
05 Août 2018•Mise à jour: 06 Août 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le risque de propagation de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est "très élevé", a affirmé dimanche l'Organisation mondiale de la santé.
Cette déclaration intervient suite au décès de 33 personnes dans l'Est de la RDC à cause d'une nouvelle épidémie Ebola.
"Sur la base des informations que nous avons jusqu'à présentées, cette flambée dans le Nord-Kivu semble être encore plus complexe que la précédente dans Equateur. Le risque de propagation est très élevé", a écrit dimanche sur twitter Peter Salama, directeur général adjoint de l'OMS en charge des urgences et de la riposte.
L'épidémie s'était déclarée dans l'air de santé de Mangina, une bourgade proche de la ville de Beni mais s'est vite répandue avec des cas "probables et suspects" dans le centre urbain de Beni, les localités de Oicha, Musienene dans le Nord de la province du Nord-Kivu (Est de la RDC).
La propagation peut-être facilitée par la présence de nombreux déplacés internes dans la région et aux mouvements de population vers l’Ouganda voisin, où les agents sanitaires sont en état d’alerte pour identifier tout cas suspect, selon Salama.
A la date du 5 Août, le virus avait déjà causé 33 décès dans la région dont trois cas confirmés dans la ville de Beni, d'après un communiqué du ministère de la Santé.
A cette date, 879 personnes ayant eu des contacts avec des cas "suspects" et "probables" avaient déjà été enregistrées par les autorités sanitaires. Ces personnes doivent être suivies.
Dans la riposte contre cette dixième flambée d'Ebola en RDC depuis 1976, Kinshasa et l'OMS vont appliquer le vaccin qui a prouvé son efficacité lors de la précédente épidémie dans la province de l'équateur (nord-ouest).
Le ministère congolais de la Santé a affirmé avoir 3,220 doses de vaccin en stock à Kinshasa. Les autorités ont annoncé cette épidémie après à peine une semaine de la fin d'une précédente dans le nord-ouest qui a tué 33 personnes.
Beni et ses environs sont sous menace sanglante des groupes armés dont les rebelles ougandais des forces démocratiques alliés (ADF) depuis 2014.
Vendredi, l'OMS a jugé "extrême", le degré de difficulté pour "éteindre" cette épidémie "dans une zone de guerre".
Pour l’agence onusienne en charge des questions de santé, le décès et les funérailles non sécurisées d’une femme de 65 ans à Mangina pourraient être à l’origine de cette dernière épidémie Ebola.
Sept membres de la famille de la personne décédée sont morts peu après et présentaient des symptômes semblables à ceux de la fièvre hémorragique.
Le gouvernement congolais a dépêché en urgence une équipe de 12 experts sanitaires, jeudi, dans la région, en vue d'organiser une riposte "immédiate".