Lassaad Ben Ahmed
25 Septembre 2017•Mise à jour: 25 Septembre 2017
AA/Ben (RDC) i/Fiston Mahamba
Les évadés de la prison centrale de Beni au mois de juin dernier ont fini par renforcer les effectifs des milices et des rebelles actifs dans cette région de l'Est de la République démocratique du Congo, ont déclaré dimanche des sources militaires de l'armée Congolaise à Anadolu.
"Depuis juillet, nous avons tué cinq évadés et capturé quatre autres, dans les affrontements qui nous opposaient aux groupes rebelles notamment les miliciens Maï-Maï à Beni et dans le village de Kabasha", a affirmé à Anadolu le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de la zone de l'opération Sokola 1, conduite par l'armée Congolaise contre les groupes armés dans les territoires de Beni et Lubero.
De son côté, le capitaine Mak Hazukay Mongba, porte-parole de la même opération militaire pour la zone nord de la province du Nord-Kivu avance deux évidences dans ce recrutement des évadés. " D'abord la majeure partie de personnes évadées était constituée d'anciens rebelles condamnés pour leur participation à ces mouvements rebelles", précise Mak Hazukay Mongba, avant d'affirmer qu'après l'évasion, d'autres personnes ne pouvaient plus réintégrer les agglomérations.
Les opérations militaires menées depuis 2014 par les Forces Armées de la République démocratique du Congo appuyées par la brigade de l'ONU contre les groupes armés dans la région de Beni ont sensiblement baisser la force de nuisance de rébellions actives dans cette région.
Entre 2014 et 2017, les groupes rebelles actifs dans cette partie meurtrie de l'Est de la République démocratique du Congo n'avaient pas affronté l'armée mais plutôt opéraient en groupuscules, menant souvent des attaques contre les civils et des embuscades contre les convois de l'armée Congolaise ou la mission Onusienne.
L'attaque spectaculaire qui a visé le centre pénitentiaire de Kangbay, où plus de 900 prisonniers ont été libérés par une coalition rebelle, a permis à une multitude de prisonniers dangereux de se libérer.
Le recrutement des combattants se fait par un appel à l'adhésion à l'action du mouvement rebelle. Aucun critère ou étude de profil n'est faite pour les intégrer dans un groupe rebelle. Ceci justifie le recrutement d'enfants-soldats dans les groupes armés.
Depuis octobre 2014, la ville de Beni a été une cible d'attaques contre les civils perpétrées par les rebelles présentés par Kinshasa, comme des rebelles ADF. Dans un rapport publié mi-septembre, le groupe d'étude sur Congo, un centre de recherche de l'université de New York en partenariat avec l'université de Kinshasa a mis en cause de hauts gradés de l'armée congolaise pour leur participation à ces tueries qui ont fait plus de 1000 morts selon les ONG locales de droits humains.
Dans une déclaration publiée vendredi, l’ONG Centre d'étude pour la promotion de la paix et les droits humains, Cepadho, soutient que le rapport publié par le groupe d’etude sur le Congo, conduit par le chercheur Jason Stearns, "contient des contre-vérités" qui, selon elle, laissent à croire que les recherches de GEC ont été politiquement orientées et subjectives.
"GEC donne l’image des Formes Armées de la RDC fonctionnant comme une milice ou un général donne des ordres d’opération aux hommes de troupe, recrute des combattants et ne rend compte à aucune hiérarchie" explique le CEPADHO qui rajoute que "l’acharnement contre les officiers militaires en pleine opération, notamment contre le général Mundos traduit dans ce rapport de GEC, vise à obtenir la méfiance entre la population, l’armée et la Monusco".