Lassaad Ben Ahmed
22 Mars 2022•Mise à jour: 22 Mars 2022
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo doit décider cette semaine de l'examen ou pas de projets de révision de la Constitution, soumis par des députés au cours des derniers mois.
La plus récente proposition a été soumise par le député Steve Mbikayi, président du parti travailliste membre de la coalition au président Félix Tshisekedi, l’Union sacrée de la Nation.
A environ une année et demi des élections générales de 2023, trois initiatives de révision constitutionnelle jonchent dans les tiroirs du secrétariat de l’Assemblée nationale.
Prévue lundi, la plénière pour décider des matières à retenir pour la très stratégique session parlementaire comprise entre le mois de mars et juin, « a été reportée à ce mardi au palais du peuple », a déclaré à l’Agence Anadolu, Joseph Lembi, rapporteur de l’Assemblée nationale.
Dans sa proposition, le député Steve Mbikayi propose le passage vers un régime présidentiel, la modification de la durée du mandat présidentiel de 5 ans à 7 ans et la reconnaissance de la double nationalité.
Il propose également la suppression des institutions budgétivores comme le « Sénat, le Conseil national des droits humains, le Conseil supérieur d’audiovisuel et de la communication, le Conseil économique et social et le conseil national de suivi de l’accord de la saint – sylvestre », s’explique-t-il dans son document.
Le parti Envol qui a quitté la coalition présidentielle a proposé depuis 2019 le retour à la présidentielle à deux tours, comme en 2006 et la détention d’une double nationalité pour les candidats.
A l’ouverture de la session de mars, la semaine dernière, le président de l’assemblée nationale, Christophe Mboso, a prévenu que la chambre basse du parlement va examiner avec diligence les textes ayant trait aux réformes électorales en vue d’offrir au pays un processus électoral libre, inclusif, transparent et respectant le délai constitutionnel.
Un collectif de députés nationaux a été mis en place pour plaider afin d’obtenir la programmation du débat sur la révision de la loi fondamentale au cours de cette session.
D’autres élus jugent cette révision inopportune.
Au pouvoir de 2001 à 2018, le parti de l'ancien président Joseph Kabila [Ndlr …PPRD], qui a basculé dans l’opposition, a rejeté « toute révision non justifiée et inopportune de la Constitution », selon son secrétaire permanent Emmanuel Ramazani Shadary qui avait perdu la présidentielle de 2018 malgré le soutien de Kabila.
Ce parti a également exigé « sans équivoque, la mise en place d’une nouvelle équipe de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) consensuelle et rassurante ».
Le PPRD veut également la mise en place pour la Cour constitutionnelle accusée d’être l’appendice du camp présidentiel.
Les élections générales sont prévues avant la fin de l’année 2023.
La Ceni a énuméré des contraintes pouvant conduire au report, mais les autorités rassurent que les délais seront respectés.
Le Président Felix Tshisekedi a déjà annoncé son intention de briguer un nouveau quinquennat.