Nadia Chahed
25 Octobre 2017•Mise à jour: 26 Octobre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les autorités congolaises ont relâché mercredi matin des dizaines de militants d’opposition arrêtés dimanche et lundi dans le Sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), après pression de l’ONU, a appris Anadolu de sources concordantes.
« Nous avons libéré des dizaines de personnes arrêtées dimanche et lundi lors de la visite de Félix Tshisekedi [chef de l’opposition, ndlr] à Lubumbashi (capitale du Haut-Katanga)», a déclaré à Anadolu le commissaire provincial de la police du Haut-Katanga, le général Paulin Kyungu sans donner plus de précisions sur le nombre de personnes libérées.
Lundi, le même officier supérieur de la police déclarait à Anadolu que seuls 28 militants avaient été arrêtés, alors que l’opposition parlait de plus de cinquante.
Interrogé sur les motivations de cette libération massive, Kyungu a évoqué la «bonne foi des autorités» affirmant que cette libération « n’a rien à voir » avec la pression de l’ONU qui avait exigé lundi la libération «immédiate et inconditionnelle» de ces militants.
«Il y a eu des disparations, des enlèvements et des arrestations, le chiffre de 28 annoncé par la police est trés inférieur à la réalité, le parti travaille dessus pour communiquer ses chiffres», a déclaré mercredi à Anadolu, Augustin Kabuya, porte-parole de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS-opposition).
L'Union européenne, les États-Unis, la Suisse et le Canada ont dénoncé, mercredi, les restrictions des libertés de réunion imposées à l’opposition et la société civile en RDC.
Ils ont, également exhorté Kinshasa et les forces de sécurité à veiller à ce que les activités pacifiques de la société civile ou de l'opposition « puissent se dérouler sans perturbation », et aux chefs des partis d'opposition de s'assurer que leurs activités et leurs partisans respectent les normes démocratiques et l'état de droit.
Mardi, la police a empêché Félix Tshisekedi de tenir son meeting à Lubumbashi, et procédé à la dispersion de ses militants à coup de bombes lacrymogènes.
Depuis décembre 2016, la RDC vit une crise dûe essentiellement à la non-organisation de l'élection présidentielle prévue initialement en décembre de la même année et au non respect du texte de l'accord du 31 décembre, qui définit le mode de gestion du pays après l'expiration du dernier mandat de Joseph Kabila.
L'opposition accuse le régime en place d'appliquer cet accord sur mesure et de retarder l'organisation du scrutin présidentiel en vue de maintenir Joseph Kabila au pouvoir en violation de la Constitution.