Lassaad Ben Ahmed
16 Avril 2020•Mise à jour: 20 Avril 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le comité en charge de la riposte contre la pandémie du nouveau coronavirus en République démocratique du Congo (RDC) a affirmé « craindre le pire » entre la première et la deuxième semaine du mois de mai prochain, notamment dans la capitale Kinshasa où les mesures de distanciation sociale se sont « totalement relâchées ».
« La pandémie du Covid-19 entre dans une phase exponentielle dans la ville province de Kinshasa (le pic de cette croissance sera atteint entre la première et la deuxième semaine du mois de mai 2020 », explique le comité multisectoriel de la riposte au Covid-19 dans le compte-rendu de sa réunion de lundi à Kinshasa, épicentre de la maladie.
Dans cette mégapole d’environ 15 millions d’habitants, le comité composé d’experts et des autorités gouvernementales, regrette que les mesures de distanciation sociale se soient « totalement relâchées » et redoute une transmission interhumaine « intense » du Covid-19.
Durant la période critique, dès début mai, « il faut s’attendre à un afflux important des malades dans les structures sanitaires qui seront vraisemblablement débordées. Si les efforts de préparation en cours ne sont pas finalisés à temps, il faudra craindre le pire », prévient le comité chapeauté par le virologue congolais de renommée internationale, Jean–Jacques Muyembe.
Au gouvernement, les experts proposent l'extension du confinement aux communes voisines de Gombe, poumon économique de la capitale, confiné intégralement depuis 11 jours. Ils proposent, en outre, le port « obligatoire » du masque dans tous les lieux publics à Kinshasa.
Pays le plus touché par la pandémie en Afrique centrale, le Congo–Kinshasa a déjà enregistré 22 décès et 23 guérisons sur 267 cas confirmés. Le pays avait enregistré son premier cas le 10 mars.
En plus de la capitale Kinshasa qui, à elle seule, compte 255 cas, 4 autres provinces sont déjà touchées par la maladie.
Le président Felix Tshisekedi avait décrété un état d’urgence d'un mois à compter du 24 mars.
Le Gouvernement devrait prolonger cette mesure.