Nadia Chahed
26 Mars 2017•Mise à jour: 27 Mars 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Au moins quarante policiers congolais ont été tués dans une embuscade, tendue par des miliciens de Kamwina Nsapu, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), troublé depuis huit mois par des tensions, a appris Anadolu, dimanche, auprès d'une source officielle.
"Pas moins de 42 policiers ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi, dans une embuscade tendue, par des miliciens de Kamwina Nsapu (chef coutumier opposé à Kinshasa-ndlr) sur l’axe Tshikapa-Kananga près du village Malenge (Kasaï)", a déclaré à Anadolu François Kalamba président de l’Assemblée provinciale du Kasaï (Centre).
"Leurs véhicules et leurs armes ont été emportés par les miliciens", a ajouté la même source, précisant que six policiers ont été épargnés par les miliciens parce qu’ils s’exprimaient en Tshiluba ( dialecte local parlé dans cette partie du pays).
Contacté par Anadolu, Hubert Mbingho Mvula vice-gouverneur de la province du Kasaï a reconnu que les autorités ont perdu la trace de ces policiers, arrivés de Kinshasa pour se déployer dans la région du Kasaï. Il n'a toutefois pas confirmé qu'ils ont été tués.
Une des régions les plus riche de la RDC, le Kasaï est déchiré,depuis des mois par une crise sécuritaire et humanitaire qui a éclaté au lendemain de la mort de Kamwina Nsapu, un chef traditionnel influent abattu par la police en août dernier.
Médecin de son état, ce dernier avait appelé en Juin dernier à une insurrection contre les institutions de l’Etat, auteurs, selon lui, de "tracasseries contre les populations".
Mi-mars, le vice-premier ministre congolais de l’intérieur et sécurité Ramazani Shadary avait annoncé la fin « théorique » de la milice de Kamwina Nsapu après des négociations avec la famille du défunt et de notables locaux détenteurs du pouvoir traditionnel.
Cette annonce avait été suivie par la reddition d’une frange de miliciens se réclamant de vrais adeptes de Kamwina Nsapu.
Les affrontements entre les forces armées congolaises et les miliciens de Kamwina Nsapu ont fait au moins 400 morts et causé le déplacement de plus de 200 000 personnes, selon l’ONU.
Deux experts onusiens ont, en outre, été kidnappés au début du mois de mars dans la province du Kasaï-central.
Aucune partie n'a encore revendiqué cet enlèvement bien que les soupçons pèsent sur la milice de Nsapu, active dans cette région du pays.