Esma Ben Said
04 Octobre 2017•Mise à jour: 04 Octobre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L’ONU a annoncé mercredi avoir recensé quelque 70 cas de violations contre les enfants durant la semaine dernière en République démocratique du Congo (RDC), pays miné d’une grave crise politique, sécuritaire et humanitaire.
Durant la semaine écoulée, ''la section Protection de l’enfant a documenté 70 cas de violations contre les enfants en RD Congo. Le nombre de ces violations a augmenté de 43 % en comparaison à la semaine précédente'' a déclaré au cours d’une conférence de presse à Kinshasa, Florence Marchal, une porte parole de la mission de l’ONU en RDC (Monusco).
Selon la même responsable, près de 63 % de ces violations représentent des cas de séparation d’enfants des groupes armés dans l’Est de RDC où 60 % de ces violations se sont produites dans la province du Nord-Kivu.
''Cet important taux de séparation d’enfants peut être expliqué par l’intensification des actions de sensibilisation et de plaidoyer menées à l’endroit des communautés, des chefs coutumiers et des groupes armés afin d’encourager la libération des enfants associés aux groupes armés'' a justifié Marchal.
Elle a en outre, indiqué que 80 % des enfants séparés dans le Nord-Kivu ont confié que les groupes armés auxquels ils étaient associés ont décidé de les libérer à la suite ''d’échanges entretenus avec les autorités locales et des ONG partenaires''.
La mission onusienne s’est dite préoccupée par les rapports faisant état du recrutement des enfants par les groupes armés Mai-Mai dans la province du Sud-
Kivu (Est) dont le Mai-Mai Yakutumba.
''Nous exhortons tous ces groupes à s'abstenir d'agir de la sorte, à sortir les enfants de leurs rangs et à les remettre aux partenaires de la protection de l'Enfant. En sus, la Monusco rappelle que le recrutement d'enfants est un crime sanctionné d'une peine d'emprisonnement allant jusqu'à dix ans'' a conclu Florence Marchal.
L'ONU dénonce régulièrement les violations des droits des enfants dans l’Est congolais déchiré par des conflits armés depuis plus de vingt ans, et depuis une
année dans la région du Kasaï (centre) secouée par des violences sanglantes impliquant policiers, militaires et miliciens d’un chef traditionnel influent tué par la
police en Aout 2016.
Le Fonds de l'ONU pour l'enfance (Unicef) affirmait en Juin dernier que plus de 150.000 enfants sont privés ou ont un accès réduit à l’école en raison de ces
violences dans la région du Kasaï.