Esma Ben Said
25 Mai 2018•Mise à jour: 26 Mai 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Cinquante personnes sont mortes dans la nuit de mercredi à jeudi après le naufrage d'une embarcation de fortune sur la rivière Tshuapa dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris vendredi de source officielle locale.
"Le bilan provisoire" du naufrage d’une baleinière allant de Monkoto vers la ville de Mbandaka où sévit une épidémie d’Ebola depuis le 8 Mai, est "de 50 morts et plusieurs disparus", a déclaré vendredi matin à Anadolu le vice-gouverneur de la province de Tshuapa Richard Mboyo Iluka.
"Nos équipes se sont rendues sur place pour enquêter sur cet incident, déterminer les causes et dégager des pistes de solution sous forme des mesures de prévention. Nous avons depuis longtemps interdit toute navigation nocturne", a-t-il ajouté.
"Généralement les baleinières sont bien trop surchargées de marchandises et de passagers. Ce naufrage a probablement été causé par la surcharge car la météo était clémente ces derniers jours" , a déclaré Eugene Kombe, un des responsables de la société civile de Tshuapa.
Fin Juillet 2011, plus de 50 personnes sont mortes et 35 autres portées disparues à la suite d'un naufrage intervenu après la collision de deux embarcations de fortune sur la rivière Tshuapa, longue de 1 000 kilomètres.
En l'absence de routes praticables, dans cette région en grande partie couverte par la forêt équatoriale, les voies fluviales sont les principaux moyens de transport comme dans la plupart de régions de la RDC, grand pays d'Afrique centrale pourvu de nombreux lacs et cours d'eau dont le plus important est le fleuve Congo.
Les naufrages sont fréquents et meurtriers en RDC, tant sur les lacs que sur les fleuves ou les rivières en raison du non-respect des règles de navigation et du mauvais état des voies et engins de navigation.
Ils sont également dus à la surcharge des embarcations. Une mesure gouvernementale interdit aux baleinières (embarcations de fortune) de naviguer la nuit sur les eaux congolaises, mais cette dernière est peu respectée.
Selon des informations recueillies par Anadolu, les armateurs congolais préfèrent naviguer la nuit pour éviter de payer des taxes et échapper aux multiples lenteurs liées aux services étatiques dans les ports.