Crise au Burundi : L’ONU appelle à «un dialogue inclusif»
Esma Ben Said
25 Mai 2018•Mise à jour: 26 Mai 2018
BurundiAA/Bujumbura/Jean Bosco
L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Burundi, Michel Kafando, a appelé jeudi à un dialogue inclusif afin de «trouver des solutions durables à la crise actuelle», a rapporté l’ONU jeudi soir sur son site officiel.
«Nous attendons un signal fort des autorités en faveur de la reprise du dialogue inter-burundais sous l’égide de la Communauté de l’Afrique de l’Est. Relancer ce dialogue permettrait aux Burundais de discuter ensemble des défis auxquels ils se trouvent confrontés dans un climat de confiance mutuelle », a déclaré Michel Kafando.
L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Burundi a lancé cet appel jeudi lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation au Burundi.
Ce n’est qu’à travers un dialogue inclusif que les Burundais apporteront des solutions durables à la crise actuelle, a-t-il martelé. «Si tel n’était pas le cas, il est à craindre que la contestation des résultats du référendum par l’opposition ne polarise davantage une situation politique déjà tendue, et qui est caractérisée par des violations des droits de l’homme, ainsi que par une détérioration de la situation socioéconomique et humanitaire».
Jeudi dernier, les Burundais se sont exprimés par voie référendaire sur un projet de nouvelle constitution qui devrait permettre au président Pierre Nkurunziza de se maintenir encore au pouvoir, éventuellement, jusqu'en 2034. Cette nouvelle constitution a été approuvée à plus de 70%.
Contestée par l’opposition, la nouvelle constitution apporte, deux changements majeurs: au niveau du mandat présidentiel qui passera de 5 à 7 ans et sera "renouvelable" une fois. La prochaine élection présidentielle est prévue pour 2020.
En outre, la nouvelle constitution ne fait plus référence à l’Accord d’Arusha signé en août 2000. Cet accord qui dispose qu’aucun président ne peut diriger le Burundi plus de dix ans, avait mis fin en 2003, à une décennie de guerre civile.
Ce projet de révision a été condamné par l’Union européenne (UE), les Etats-Unis et l’Union africaine (UA).
Une semaine après ce scrutin, une coalition de l’opposition, AMIZERO, a saisi, jeudi, la Cour constitutionnelle pour lui demander d’invalider le scrutin, estimant qu’il n’était «ni libre ni sécurisé ni indépendant».
Le Burundi est secoué par une crise politico-sécuritaire depuis trois ans, née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon l’ONU.