Lassaad Ben Ahmed
15 Octobre 2017•Mise à jour: 16 Octobre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Quelque 36 corps "fusillés et découpés" ont été retrouvés sur la route Mbau-Kamango à Beni (Est de la RDC) a appris, dimanche, le correspondant d’Anadolu d’après une ONG locale.
Il s’agit d’un nouveau bilan revu à la hausse du massacre perpetré, il y a une semaine, par des rebelles ougandais des forces démocratiques alliés (ADF) dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
En effet, samedi dernier, la société civile de Beni dans la province du Nord-Kivu annonçait la disparation de 22 civils tombés dans une embuscade des rebelles ougandais sur la route Mbau-Kamango, dont les rebelles ont pris le contrôle d’une partie samedi dernier.
"Les tueurs les ont abandonnés tous à même le sol […] sauvagement tués fusillés, découpés à la machette. Au total 36 corps se trouvent au PK40 à proximité de 20 motos incendiées" a rapporté, dans un communiqué, le centre d’Etude pour la promotion de la démocratie, la paix et les droits de l’homme (Cepadho), une ONG locale.
Citant des sources concordantes, la même organisation a indiqué que les corps de 36 civils parmi lesquels figurent des opérateurs économiques, des taximen, des fonctionnaires de l’État, des membres d’ONG "sont déjà en décomposition".
Ce massacre a marqué la reprise des attaques des rebelles ougandais après près d'un an de trêve. Selon le capitaine Mak Hazukay, l’un des deux porte-paroles de l’armée dans la partie Nord de la province du Nord-Kivu, les ADF cherchaient à "reprendre plusieurs de leurs anciens bastions conquis par l’armée en 2015 et 2016".
Lundi dernier, Ils ont tué deux casques bleus et en ont blessés 18 autres dans l'attaque d'une base de l'ONU à Mamundioma dans le territoire de Beni.
Après une semaine de violents combats contre les rebelles, l’armée congolaise appuyée par la brigade de l’ONU a repris vendredi soir le contrôle de la route Kamango-Mbau, axe routier stratégique reliant la province du Nord-Kivu à celle de l'Ituri dans l'Est de la RDC.
Opposés au régime du président ougandais Yoweri Museveni, les ADF se sont retranchés dans l’Est de la RDC depuis 1995 et sont accusés par Kinshasa et l’ONU d’avoir massacré entre 2014 et 2016 un millier de civils congolais dans le territoire de Béni, frontalier avec l'Ouganda.
En Aout 2016, l’Ouganda s'était engagé à démanteler le réseau de recrutement des ADF sur son territoire après que le président Ougandais Yoweri Museveni et son homologue congolais Joseph Kabila ont convenu d'établir une coopération militaire sur l’échange de renseignements sur ces rebelles.