Mohamed Hedi Abidellaoui
26 Mai 2017•Mise à jour: 27 Mai 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Les violences meurtrières opposant les miliciens d’un défunt chef traditionnel et les forces de sécurité depuis août dernier dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC) ont fait 3 307 morts, selon un député national.
Dans un rapport dont Anadolu a eu copie, vendredi, Delly Sessanga, député d’opposition représentant la région du Kasaï, dresse une situation sombre dans les territoires de Luiza , Kazumba, Dibaya , Luebo , Kamoina ainsi que dans la ville de Kananga et de Tshikapa et dans les provinces du Kasaï-central et du Kasaï, les plus affectées par cette crise.
Interrogé par Anadolu, Sessanga a déclaré que cette situation est concomitante à un usage « inapproprié et disproportionné de la force par les forces de défense et de sécurité congolaises».
« L’armée et la police tiraient sur des civils qu’elles confondaient quotidiennement aux miliciens », a-t-il expliqué, faisant état d'une « catastrophe humanitaire sans précédent, mêlant la détresse des populations à de nombreux actes relevant de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ».
Diamantifères mais classées parmi les provinces les plus pauvres de la RDC, les Kasaï-Oriental, Kasaï-central, Kasaï et Lomami sont secouées par une crise sécuritaire ayant forcé 1.3 millions de personnes au déplacement interne, selon les Nations unies.
Mercredi dernier, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a estimé à 40.2 millions de dollars américains, les fonds nécessaires pour sauver près de 400 000 enfants qui risquent une malnutrition « sévère et aigüe» dans les provinces du Kasaï.
Ces provinces font les frais de violences sanglantes, déclenchées au lendemain de la mort de Jean-Pierre Mpandi dit Kamwina Nsapu, chef traditionnel influent révolté contre Kinshasa. Kamwina Nsapu avait été tué par la police dans la ville de Tshimbulu pendant qu’il réclamait sans succès auprès de Kinshasa la reconnaissance de son droit de règne sur le groupement de Bajila-Kasanga dans le Kasaï-central, aujourd’hui bastion de la milice.
Deux experts des Nations unies qui enquêtaient sur ces violences avaient été tués, le 12 mars dernier, dans la province du Kasaï-central mais leurs corps n’avaient été découverts que16 jours plus tard, dans une fosse commune près d’une rivière.