Esma Ben Said
12 Février 2018•Mise à jour: 13 Février 2018
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L’ année 2017 a été la plus dévastatrice pour les enfants en République démocratique du Congo (RDC) où le fonds des Nations-Unies pour l’Enfance (UNICEF) a dénoncé, lundi, le seuil important d’enfants qui sont utilisés comme combattants, porteurs, espions, cuisiniers ou esclaves sexuels au sein de groupes armés et des milices dans le région du Kasaï (Centre) et la façade orientale.
Dans la région du Kasaï qui a été secouée par des violences entre les forces de sécurité et les miliciens Kamwina Nsapu, entre 5.000 et 10.000 enfants ont été associés aux milices, indique un communiqué de l’UNICEF publié lundi à Kinshasa en marge de la célébration de la journée internationale des enfants soldats.
« Les enfants qui sont sortis des milices et que nous prenons en charge nous racontent les horreurs de la violence et la guerre », a déclaré le chef de cette Agence en RDC, Dr Tajudeen Oyewale, cité dans le communiqué.
« Ces enfants ont été témoins de tueries. Nombreux d’entre eux ont été obligés de tuer eux-mêmes. Leur enfance leur a été volée », ajoute le même responsable soulignant que plus de 3.000 enfants « seraient aujourd’hui utilisés au sein des milices » dans les provinces du Sud-Kivu (Est) et Tanganyika (Sud-est).
Tout au long de l’année 2017, « les violations contre les enfants ont pris des proportions alarmantes, avec un total enregistré de 3 883 cas de violations graves des droits de l’enfant, une augmentation de 66% par rapport à l’année précédente», a déploré dimanche en marge d’une conférence de presse, le chef de la MONUSCO (Mission de l’ONU en RDC) à Goma, Daniel Ruiz.
Au moins 30% de membres des groupes armés sont des mineurs (garçons ou filles), d’après l’UNICEF. Phénomène de plusieurs décennies en RDC, l’utilisation d’enfants dans les groupes armés est très répandue dans les Provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où les groupes armés sont de plus en plus nombreux.
L’utilisation d’enfants de moins de 15 ans dans les conflits armés est constitutive de crime de guerre, a rappelé l’UNICEF qui réclame 11.5 millions de dollars pour prendre en charge en 2018 tous les enfants sortis des groupes armés et des milices.
Jadis classée par les grands recruteurs d’enfants dans ses rangs, l’armée congolaise (FARDC...Ndlr) a été rayée en Octobre dernier de la liste noire de l’ONU. L’UNICEF dit avoir facilité en 2017, la sortie des groupes armés et la prise en charge de plus de 3.000 enfants à l’est du pays et près de 1.000 enfants dans la région du Kasaï.