Nadia Chahed
29 Décembre 2017•Mise à jour: 29 Décembre 2017
AA/Kinshasa / Pascal Mulegwa
Au moins douze militants anti-Kabila ont été interpellés, vendredi, à Kananga dans le centre de la République Démocratique du Congo ( RDC ), à l'entame des trois journées de mobilisation des mouvements citoyens contre le maintien au pouvoir du chef d'Etat Congolais, a appris Anadolu d'une source de la société civile.
"Les douze ont été ramassés et embarqués dans une jeep de la Police" alors qu'ils brandissaient les drapeaux congolais et chantaient l'hymne national près du marché central de la ville de Kananga (capitale de la province du Kasaï-Central), a indiqué à Anadolu Jonas Thimanga, un membre de la Lutte pour le changement (Lucha) principal mouvement citoyen congolais, partie prenante de la mobilisaion anti-Kabila.*
Contacté par Anadolu le maire de Kananga Kantu Ka Njila a reconnu que des manifestants ont été interpellés, rappelant avoir déjà interdit toute manifestation "publique" dans sa juridiction "considérée" comme une "zone rouge" ou "zone opérationnelle de l'armée". Il n'a toutefois pas précisé le nombre de personnes arrêtées.
A rappeler que les violences qui ont opposé dans cette région des miliciens aux forces de sécurité ont fait pas moins de 5 000 morts en une dizaine de mois et forcé plus de 1.4 million au déplacement à cause de l'insécurité, selon les Nations-Unies.
Des manifestations publiques "peuvent faciliter l'intrusion des miliciens dans la ville", poursuit le maire de Kananga, soulignant que les forces de sécurité "ne tolérerons aucune manifestation" à Kananga "jusqu'à nouvel ordre".
Jeudi, le collectif d'Actions de la société civile dont le mouvement Lucha est membre, a annoncé une série d'actions ( les 29-30 et 31 décembre)) pour exiger le "départ" du pouvoir du président Joseph Kabila dès le 31 décembre de cette année pour instaurer une transition "citoyenne" devant conduire à des élections "sans Kabila" en Juin 2018.
La commission électorale a fixé la date des prochaines élections générales dont la Présidentielle au 23 Décembre 2018, passant outre l'accord conclu fin 2016 entre le pouvoir et l'opposition sous la médiation des évêques catholiques.
Cet accord dont la signature avait été unanimement saluée par la communauté internationale prévoit la tenue de la présidentielle au plus tard "fin 2017".
Le Comité de laïcs catholiques a appelé la population à une marche "avec les bibles et les rameaux de la paix" le 31 décembre 2017 "pour libérer l'avenir du Congo", estimant que les autorités n'ont pas répondu aux "conditions préalables" à l'organisation d'élections "réellement crédibles" dans le pays.
Plusieurs partis et plates-formes d'opposition ont déjà apporté leur soutien à cet appel, dont le parti historique (UDPS) et les mouvements citoyens.
Influente et respectueuse dans ce pays aux neuf frontières, l'Église catholique presse depuis deux semaines le pouvoir à appliquer cet accord qui prévoit aussi des mesures de "décrispation" du climat politique par la libération de prisonniers politiques et la cessation des poursuites "injustifiées" contre les opposants.
Conformément à un appel des responsables de l'Église à Kinshasa, la majorité des paroisses catholiques ont pendant une dizaine de minutes sonné les cloches, vendredi, au même moment la population se livrait à un concert des casseroles, de sifflets et de klaxons.